Ensemble pour une deuxième république

Comprendre la guerre en Libye

Vous êtes très nombreux à réagir à la guerre en Libye et à envoyer vos questions. Michel Collon qui a publié plusieurs livres sur les stratégies de guerre des Etats-Unis et les médiamensonges des conflits précédents, répond à toutes ces questions et présente ici une analyse globale de ce conflit. Investig’Action tient à attirer votre attention sur l’importance de ce texte…

Partie 1 : Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre
Partie 2 : Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
Partie 3 : Pistes pour agir

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Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre

27 fois. Les Etats-Unis ont bombardé un pays à 27 reprises depuis 1945. Et chaque fois, on nous a affirmé que ces actes de guerre étaient « justes » et « humanitaires ». Aujourd’hui, on nous dit que cette guerre est différente des précédentes. Mais on l’avait dit aussi la fois passée. Et la fois d’avant. On le dit chaque fois. N’est-il pas temps de mettre sur papier les questions qu’il faut se poser à chaque guerre pour ne pas se faire manipuler ?

Pour la guerre, il y a toujours de l’argent ? 

Dans le pays le plus puissant du globe, quarante-cinq millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté. Aux Etats-Unis, écoles et services publics tombent en ruines, parce que l’Etat « n’a pas d’argent ». En Europe aussi, « pas d’argent » pour les retraites ou pour créer des emplois.

Mais lorsque la cupidité des banquiers provoque une crise financière, là, en quelques jours, on trouve des milliards pour les sauver. Ce qui a permis à ces mêmes banquiers US de distribuer l’an dernier 140 milliards $ de récompenses et bonus à leurs actionnaires et traders spéculateurs.

Pour la guerre aussi, il semble facile de trouver des milliards. Or, ce sont nos impôts qui paient ces armes et ces destructions. Est-il bien raisonnable de faire partir en fumée des centaines de milliers d’euros à chaque missile ou de gaspiller cinquante mille euros de l’heure avec un porte-avions ? A moins que la guerre soit une bonne affaire pour certains ?

Pendant ce temps, un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter sur notre planète en dépit des promesses.

Quelle différence entre un Libyen, un Bahreini et un Palestinien ?

Présidents, ministres et généraux jurent solennellement que leur objectif est seulement de sauver des Libyens. Mais, au même moment, le sultan du Bahrein massacre des manifestants désarmés grâce aux deux mille soldats saoudiens envoyés par les Etats-Unis ! Au même moment, au Yemen, les troupes du dictateur Saleh, allié des USA, tuent 52 manifestants à la mitrailleuse. Ces faits n’ont été contestés par personne, mais le ministre US de la Guerre, Robert Gates, a juste déclaré : « Je ne crois pas que ce soit mon rôle d’intervenir dans les affaires internes du Yemen » [1].

Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Parce que Saleh accueille docilement la Vème Flotte US et dit oui à tout ce que lui commande Washington ? Parce que le régime barbare d’Arabie saoudite est complice des multinationales pétrolières ? Il y aurait de « bons dictateurs » et de « mauvais dictateurs » ?

Comment les USA et la France peuvent-ils se prétendre humanitaires ? Lorsqu’Israël a tué deux mille civils en bombardant Gaza, ont-ils instauré une « no fly zone » ? Non. Ont-ils pris des sanctions ? Aucune. Pire : Javier Solana, alors responsable des Affaires étrangères de l’U.E. a déclaré à Jérusalem : « Israël est un membre de l’Union européenne sans être membre de ses institutions. Israël est partie prenante à tous les programmes » de recherche et de technologie de l’Europe des 27. Ajoutant même : « Aucun pays hors du continent n’a le type de relations qu’Israël entretient avec l’Union européenne. » Sur ce point, Solana dit vrai : l’Europe et ses fabricants d’armes collaborent étroitement avec Israël dans la production des drônes, missiles et autres armements qui sèment la mort à Gaza.

Rappelons qu’Israël a chassé sept cent mille Palestiniens de leurs villages en 1948, refuse toujours de leur rendre leurs droits et continue à commettre de multiples crimes de guerre. Sous cette occupation, 20% de la population palestinienne actuelle a séjourné ou séjourne dans les prisons d’Israël. Des femmes enceintes sont forcées d’accoucher attachées à leur lit et renvoyées immédiatement dans leurs cellules avec leurs bébés ! Mais ces crimes-là sont commis avec la complicité active des USA et de l’UE.

La vie d’un Palestinien ou d’un Bahreini ne vaut pas celle d’un Libyen ? Il y aurait les « bons Arabes » et les « mauvais Arabes » ?

Pour ceux qui croient encore à la guerre humanitaire…

Dans un débat télévisé que j’ai eu avec Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères et commissaire européen à la Coopération au développement, celui-ci m’a juré – la main sur le cœur – que cette guerre visait à « mettre en accord les consciences de l’Europe ». Il a été appuyé par Isabelle Durant, dirigeante des Verts belges et européens. Ainsi, les écologistes « peace and love » ont muté va-t-en-guerre !

Le problème, c’est qu’on nous parle de guerre humanitaire à chaque fois, et que ces gens « de gauche » comme Durant s’y sont à chaque fois laissé prendre. Ne feraient-ils pas mieux de lire ce que pensent vraiment les dirigeants US au lieu de juste les écouter à la télévision ?

Ecoutez par exemple, à propos des bombardements contre l’Irak, le célèbre Alan Greenspan, qui fut longtemps directeur de la réserve fédérale des USA. Il écrit dans ses mémoires : « Je suis attristé qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak était essentiellement pour le pétrole » [2]. Ajoutant : « Les officiels de la Maison-Blanche m’ont répondu : ‘Eh bien, malheureusement, nous ne pouvons parler du pétrole’. » [3]

Ecoutez, à propos des bombardements contre la Yougoslavie, John Norris, directeur de com de Strobe Talbott qui était alors vice-ministre US des Affaires étrangères, chargé des Balkans. Norris écrit dans ses mémoires : « Ce qui explique le mieux la guerre de l’Otan, c’est que la Yougoslavie résistait aux grandes tendances des réformes politiques et économiques (il veut dire : refusait d’abandonner le socialisme), et ce n’est pas notre devoir envers les Albanais du Kosovo. » [4]

Ecoutez, à propos des bombardements contre l’Afghanistan, ce que disait alors l’ancien ministre US des Affaires étrangères Henry Kissinger : « Il existe des tendances, soutenues par la Chine et le Japon, à créer une zone de libre échange en Asie. Un bloc asiatique hostile combinant les nations les plus peuplées du monde avec de grandes ressources et certains des pays industriels les plus importants serait incompatible avec l’intérêt national américain. Pour ces raisons, l’Amérique doit maintenir une présence en Asie… » [5]

Ceci confirmait la stratégie avancée par Zbigniew Brzezinski, qui fut responsable de la politique étrangère sous Carter et est l’inspirateur d’Obama : « L’Eurasie (Europe + Asie) demeure l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale. (…) La façon dont les Etats-Unis ‘gèrent’ l’Eurasie est d’une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l’axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60% du total mondial. » [6]

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A gauche, n’a-t-on rien appris des médiamensonges humanitaires des guerres précédentes ?

Quand Obama le dit lui-même, vous ne le croyez pas non plus ?

Ce 28 mars, Obama a justifié ainsi la guerre contre la Libye : « Conscients des risques et des coûts de l’action militaire, nous sommes naturellement réticents à employer la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir. Vu les coûts et les risques de l’intervention, nous devons chaque fois mesurer nos intérêts face à la nécessité d’une action. L’Amérique a un important intérêt stratégique à empêcher Kadhafi de défaire ceux qui s’opposent à lui. »

N’est-ce pas clair ? Alors, certains disent : « Oui, c’est vrai, les Etats-Unis n’agissent que s’ils y trouvent leur intérêt aussi. Mais au moins, à défaut de pouvoir intervenir partout, on aura sauvé ces gens-là. »

Faux. Nous allons montrer que seuls les intérêts seront défendus. Pas les valeurs. D’abord, chaque guerre US fait plus de victimes qu’il n’y en avait avant (en Irak, un million de victimes directes ou indirectes !). Ensuite, l’intervention en Libye en prépare d’autres…

Qui refusait de négocier ?

Mais, dès que vous émettez un doute sur l’opportunité de cette guerre contre la Libye, tout de suite, on vous culpabilise : « Vous refusez donc de sauver les Libyens du massacre ? »

Question mal posée. Supposons que tout ce qu’on nous a raconté se soit vraiment passé. Premièrement, arrête-t-on un massacre par un autre massacre ? Nous savons qu’en bombardant, nos armées vont tuer de nombreux civils innocents. Même si, comme à chaque guerre, les généraux nous promettent que celle-ci sera « propre », nous avons l’habitude de cette propagande.

Deuxièmement, il y avait un moyen beaucoup plus simple et efficace de sauver des vies tout de suite. Tous les pays d’Amérique latine ont proposé d’envoyer immédiatement une mission de médiation, présidée par Lula. La Ligue arabe et l’Union africaine soutenaient cette démarche et Kadhafi avait accepté (proposant aussi d’envoyer des observateurs internationaux pour vérifier le cessez-le feu).

Mais les insurgés libyens et les Occidentaux ont refusé cette médiation. Pourquoi ? « Parce que Kadhafi n’est pas de bonne foi », disent-ils. Possible. Tandis que les insurgés et leurs protecteurs occidentaux ont toujours été de bonne foi ? A propos des Etats-Unis, il est utile de rappeler comment ils se sont comportés dans toutes les guerres précédentes à chaque fois qu’un cessez-le-feu était possible…

En 1991, lorsque Bush père a attaqué l’Irak parce que celui-ci avait envahi le Koweit, Saddam Hussein a proposé de se retirer et qu’Israël évacue aussi les territoires illégalement occupés en Palestine. Mais les USA et les pays européens ont refusé six propositions de négociation. [7]

En 1999, lorsque Clinton a bombardé la Yougoslavie, Milosevic avait accepté les conditions imposées à Rambouillet, mais les USA et l’Otan en ont rajouté une, volontairement inacceptable : l’occupation totale de la Serbie. [8]

En 2001, lorsque Bush fils a attaqué l’Afghanistan, les talibans avaient proposé de livrer Ben Laden à un tribunal international si on fournissait des preuves de son implication, mais Bush a refusé de négocier.

En 2003, lorsque Bush fils a attaqué l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive, Saddam Hussein a proposé d’envoyer des inspecteurs, mais Bush a refusé car il savait que les inspecteurs ne trouveraient rien. Ceci a été confirmé par la divulgation du mémo d’une réunion entre le gouvernement britannique et les dirigeants des services scecrets briatnniques en juillet 2002 : « Les dirigeants britanniques espéraient que l’ultimatum soit rédigé en des termes inacceptables afin que Saddam Hussein le rejette directement. Mais ils étaient loin d’être certains que cela marcherait. Alors, il y avait un Plan B : les avions patrouillant dans la « no fly zone » jetant de nombreuses bombes en plus dans l’espoir que ceci provoquerait une réaction qui donnerait une excuse pour une large campagne de bombardements. » [9]

Alors, avant d’affirmer que « nous » disons toujours la vérité tandis que « eux » mentent toujours, et aussi que « nous » recherchons toujours une solution pacifique, tandis que « eux » ne veulent pas de compromis, il faudrait être plus prudents… Tôt ou tard, le public apprendra ce qui s’est vraiment passé lors des négociations en coulisses, et constatera une fois de plus qu’il a été manipulé. Mais il sera trop tard, et on ne ressuscitera pas les morts.

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La Libye, c’est comme la Tunisie et l’Egypte ? 

Dans son excellente interview publiée il y a quelques jours par Investig’Action, Mohamed Hassan posait la bonne question : « Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? ». A la lumière des recherches récentes, il est possible de répondre : les trois, en fait. Une révolte spontanée, rapidement récupérée et transformée en guerre civile (qui avait été préparée), le tout servant de prétexte à une agression militaire. Qui, elle aussi, avait été préparée. Rien ne tombe du ciel en politique. Expliquons-nous…

En Tunisie et en Egypte, la révolte populaire a grandi progressivement en quelques semaines, s’organisant peu à peu et s’unifiant sur des revendications claires, ce qui a permis de chasser les tyrans. Mais quand on analyse l’enchaînement ultra-rapide des événements à Benghazi, on est intrigué. Le 15 février, manifestation des parents de prisonniers politiques de la révolte de 2006. Manifestation durement réprimée, comme cela a toujours été le cas en Libye et dans les autres pays arabes. Et, à peine deux jours plus tard, re-manifestation, mais cette fois, les manifestants sont armés et passent directement à l’escalade contre le régime de Kadhafi. En deux jours, une révolte populaire devient une guerre civile ! Tout à fait spontanément ?

Pour le savoir, il faut examiner ce qui se cache sous le vocable imprécis « opposition libyenne ». A notre avis, quatre composantes aux intérêts très différents. 1° Une opposition démocratique. 2° Des dignitaires de Kadhafi « retournés » par l’Ouest. 3° Des clans libyens mécontents du partage des richesses. 4° Des combattants de tendance islamiste. 
 

Qui compose cette « opposition libyenne » ?

Dans cet enchevêtrement, il est important de savoir à qui on a à faire. Et surtout quelle faction a été intégrée dans les stratégies des grandes puissances…

1° Opposition démocratique. Il est légitime d’avoir des revendications face au régime Kadhafi, dictatorial et corrompu comme les autres régimes arabes. Un peuple a le droit de vouloir remplacer un régime autoritaire par un système plus démocratique. Cependant, ces revendications sont jusqu’ici peu organisées et sans programme précis. On rencontre aussi, à l’étranger, des mouvements révolutionnaires libyens, également assez disparates, mais tous opposés à l’ingérence étrangère. Pour diverses raisons que l’on va clarifier, ce ne sont pas ces éléments démocratiques qui ont grand chose à dire aujourd’hui sous la bannière des USA et de la France.


2° Dignitaires « retournés ». A Benghazi, un « gouvernement provisoire » a été instauré et est dirigé par Mustapha Abud Jalil. Cet homme était, jusqu’au 21 février, ministre de la Justice de Kadhafi. Deux mois plus tôt, Amnesty l’avait placé sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du nord ». C’est cet individu qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures de infirmières bulgares et du médecin palestinien longtemps détenus par le régime. Un autre « homme fort » de cette opposition est le général Abdul Fatah Younis, ex ministre de l’Intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la police politique. On comprend que Massimo Introvigne, représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, estime que ces personnages « ne sont pas les ‘démocrates sincères’ des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ». (1)


3° Clans mécontents. Comme le soulignait Mohamed Hassan, la structure de la Libye est restée fortement tribale. Durant la période coloniale, sous le régime du roi Idriss, les clans de l’est dominaient et les richesses pétrolières leur profitaient. Après la révolution de 1969, Kadhafi s’est appuyé sur les tribus de l’ouest et c’est l’est qui a été défavorisé. Il faut le regretter, un pouvoir démocratique et juste doit veiller à combattre les discriminations entre régions. On peut aussi se demander si les anciennes puissances coloniales n’ont pas encouragé les tribus mécontentes à saper l’unité du pays. Ce ne serait pas la première fois. Aujourd’hui, France et USA misent sur les clans de l’est pour prendre le contrôle du pays. Diviser pour régner, un vieux classique du colonialisme.

4° Eléments d’Al-Qaida. Des câbles diffusés par Wikileaks avertissaient que l’Est de la Libye était, proportionnellement, le premier exportateur au monde de « combattants – martyrs » en Irak. Des rapports du Pentagone décrivaient un « scénario alarmant » sur les rebelles libyens de Benghazi et Derna. Derna, ville de 80.000 habitants à peine, serait la première source de jihadistes en Irak. De même, Vicent Cannistraro, ancien chef de la CIA en Libye, signale parmi les rebelles beaucoup d’ « extrémistes islamiques capables de créer des problèmes » et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devrait tomber ». (1).

Evidemment, tout ceci s’écrivait lorsque Kadhafi était encore « un ami ». Mais ça montre l’absence totale de principes dans le chef des USA et de leurs alliés. Quand Kadhafi a réprimé la révolte islamiste de Benghazi en 2006, ce fut avec les armes et le soutien des Occidentaux. Une fois, on est contre les combattants à la Ben Laden. Une fois, on les utilise. Faudrait savoir.


Parmi ces diverses « oppositions », quel élément l’emportera ? C’est peut-être aussi un but de l’intervention militaire de Washington, Paris et Londres : veiller à ce que « les bons « l’emportent ? Les bons de leur point de vue évidemment. Plus tard, on utilisera la « menace islamique » comme prétexte pour s’installer durablement

En tout cas, une chose est sûre : le scénario libyen est différent des scénarios tunisien ou égyptien. Là, c’était « un peuple uni contre un tyran ». Ici, on est dans une guerre civile, Kadhafi disposant du soutien d’une partie de la population. Et dans cette guerre civile, le rôle qu’ont joué les services secrets US et français n’est déjà plus si secret que ça…


Quel a été le rôle des services secrets ?
 

En réalité, l’affaire libyenne n’a pas commencé en février à Benghazi en février, mais à Paris le 21 octobre 2010. Selon les révélations du journaliste italien Franco Bechis (Libero, 24 mars), c’est ce jour-là que les services secrets français ont préparé la révolte de Benghazi. Ils ont alors « retourné » (ou peut-être déjà avant) Nuri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, qui était quasiment son bras droit. Le seul qui entrait sans frapper dans la résidence du guide libyen. Venu à Paris avec toute sa famille pour une opération chirurgicale, Mesmari n’y a rencontré aucun médecin, mais se serait par contre entretenu avec plusieurs fonctionnaires des services secrets français et de proches collaborateurs de Sarkozy, selon le bulletin web Maghreb Confidential.

Le 16 novembre, à l’hôtel Concorde Lafayette, il aurait préparé une imposante délégation qui allait se rendre deux jours plus tard à Benghazi. Officiellement, il s’agissait de responsables du ministère de l’Agriculture et de dirigeants des firmes France Export Céréales, France Agrimer, Louis Dreyfus, Glencore, Cargill et Conagra. Mais, selon les services italiens, la délégation comportait aussi plusieurs militaires français camouflés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils rencontreront Abdallah Gehani, un colonel libyen que Mesmari a indiqué comme étant prêt à déserter.


A la mi-décembre, Kadhafi, méfiant, envoie un émissaire à Paris pour essayer de contacter Mesmari. Mais la France l’arrête. D’autres Libyens se rendent visite à Paris le 23 décembre, et ce sont eux qui vont diriger la révolte de Benghazi avec les milices du colonel Gehani. D’autant que Mesmari a fourni aux Français de nombreux secrets de la défense libyenne. De tout ceci, il ressort que la révolte à l’est n’est donc pas si spontanée qu’on nous l’a dit. Mais ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les Français…


Qui dirige à présent les opérations militaires du « Conseil national Libyen » anti-Kadhafi ? Un homme tout juste arrivé des USA le 14 mars, selon Al Jazeera. Décrit comme une des deux « stars » de l’insurrection libyenne par le quotidien britannique de droite Daily Mail, Khalifa Hifter est un ancien colonel de l’armée libyenne, passé aux Etats-Unis. Celui qui fut un des principaux commandants militaires de la Libye jusqu’à la désatreuse expédition au Tchad fin des années 80, a ensuite émigré aux USA et vécu ces vingt dernières années en Virginie. Sans source de revenus connue, mais à petite distance des bureaux… de la CIA. [10] Le monde est petit.

Comment un haut militaire libyen peut-il entrer aux Etats-Unis en toute tranquillité, quelques années après l’attentat terroriste de Lockerbie, pour lequel la Libye a

été condamnée, et vivre vingt ans tranquillement à côté de la CIA ? Il a forcément dû offrir quelque chose en échange. Publié en 2001, le livre Manipulations africaines de Pierre Péan retrace les connexions d’Hifter avec la CIA et la création, avec le soutien de celle-ci, du Front National de Libération Libyen. Le seul exploit du dit Front sera l’organisation en 2007, aux USA, d’un « congrès national » financé par le National Endowment for Democracy [11], traditionnel intermédiaire de la CIA pour arroser les organisations au service des Etats-Unis…


En mars de cette année, à une date non communiquée, le président Obama a signé un ordre secret autorisant la CIA à mener des opérations en Libye pour renverser Kadhafi. Le Wall Street Journal, qui relate ceci le 31 mars, ajoute : « Les responsables de la CIA reconnaissent avoir été actifs en Libye depuis plusieurs semaines, tout comme d’autres services occidentaux. ».


Tout ceci n’est plus très secret, ça figure depuis un bon moment sur Internet, et ce qui est étonnant, c’est que les grands médias n’en aient pas dit un mot. Pourtant, on a déjà connu de nombreux exemples de « combattants de la liberté » ainsi armés et financés par la CIA. Par exemple, dans les années 80, les milices terroristes contras, mises sur pied par Reagan pour déstabiliser le Nicaragua et renverser son gouvernement progressiste. N’a-t-on rien appris de l’Histoire ? Cette « gauche » européenne qui applaudit aux bombardements n’utilise pas Internet ?


Faut-il s’étonner que les services italiens « balancent » ainsi les exploits de leurs confrères français et que ceux-ci « balancent » leurs collègues US ? Seulement si on croit aux belles histoires sur l’amitié entre « alliés occidentaux ». On va en parler…
 

A SUIVRE :

2. Les objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole

3. Pistes pour agir

15 avril, 2011 à 12:55 | Commentaires (0) | Permalien


La IIe République : Comment mettre de l’ordre dans la maison Algérie?

«Si un événement survient par hasard, vous pouvez être sûr qu’il a été programmé pour se dérouler ainsi.» 

  

Franklin Delanoë  Roosevelt  Ancien Président des Etats-Unis 

  

  

Nous vivons des temps où l’histoire a le tournis et sa cinétique, jadis lente, pour permettre une sédimentation des événements a subi une accélération porteuse de tous les dangers. Les certitudes que l’on croyait immuables deviennent des interrogations. A cet égard, le XXe siècle a été celui des perturbations spatiales, identitaires, voire religieuses. Des pays se font et se défont en temps réel au gré des puissants. Des peuples sont arrachés à leur terre, des identités sont reniées. De plus, un choc religieux est en train insidieusement de structurer les rapports Occident – Orient. 

  

De ce fait, un vent de panique ou de liberté, cela dépend de quel côté on se place, secoue les pays arabes, qui, à des degrés divers, connaissent de profondes perturbations qui, à première vue, sont annonciatrices de ce que la doxa occidentale a décidé d’appeler le printemps arabe avec une spécificité horticole à chaque région qu’elle a déstabilisée à son profit. On pourrait croire que l’Occident et le libéralisme sauvage sont au chevet de la jeunesse arabe et veulent «accompagner» leurs espérances pour un monde de liberté, de farniente, en clair, la belle vie pour les bras cassés que sont devenus les Arabes minés par une rente éphémère qui retarde leur insertion dans la dynamique mondiale. Il n’en est rien, on peut penser à la lecture de nombreux rapports que tout est téléguidé, qu’il n’y a pas de hasard. 

Ce qui se passe dans le monde 

  

Nous devons raison garder. L’Occident s’intéresse aux Arabes uniquement pour leurs richesses énergétiques qu’il a décidé de prendre quel qu’en soit le prix payé par la manipulation de ces espérances. Comment faire? La méthode de la démocratie aéroportée de George Bush a échoué, mais le projet d’un Grand Moyen-Orient et d’un remodelage des nations arabes est toujours d’actualité. Un exemple? La Somalie, personne n’en parle! Ce n’est plus un Etat! L’Irak, qui a abrité les premières civilisations humaines, a subi la partition mais les puits de pétrole sont confiés aux Américains. L’Afghanistan pour son malheur, possède un sous-sol riche, on tente de la normaliser. Il en fut de même pour le Soudan dont la partition est passée inaperçue, le Sud chrétien est devenu indépendant avec en prime le pétrole. C’est tout bénéficie pour l’Occident et le pape… 

  

Les révoltes tunisiennes que l’on présente comme des tournants dans le monde arabe, au-delà d’une réelle détresse des jeunes Tunisiens et Egyptiens, furent rapidement prises en charge Ce fut un «jeu d’enfants» de manipuler à travers l’Internet -Facebook étant plus puissant qu’une armée- les jeunes en leur offrant une révolution dont l’Occident avait tracé les limites aux potentats qu’ils avaient à ses ordres. Pas de répression! Trois semaines à un mois ont permis de déboulonner Ben Ali et ensuite Moubarak. La jeunesse bahreïnie et saoudienne ne rentrant pas dans la stratégie préparée sera neutralisée violemment, on permettra même aux Saoudiens et Emiratis d’aller réprimer les jeunes Bahreïnis. Pas un mot dans les médias. Même le Yémen fait lui aussi l’objet d’un silence complice car dit-on, Saleh est le rempart contre Al Qaîda. Le cas de la Libye est un cas d’école; la jeunesse libyenne de Benghazi aidée elle aussi – la déstabilisation de ce pays programmée depuis plus de six mois – ne put rien contre El Gueddafi, décidé à se battre comme il le dit «Zengua bezengua». 

  

On décide alors de normaliser par les airs. Ce qui arrive est tragique parce qu’on parle là aussi de partition: laisser la Tripolitaine au dictateur El Gueddaffi et garder la Cyrénaïque où l’essentiel du pétrole se trouve. Quand on décide de reconnaître un mouvement sur les recommandations d’un Bernard-Henry Lévy ce n’est pas innocent. 

  

Le grand capital et l’empire sous-traitent maintenant les mises au pas à des seconds couteaux qui avaient une capacité de nuisance datant de leur nostalgie de l’empire du XIXe siècle. Leur doctrine zéro mort est mise en oeuvre avec le nec plus ultra de la technologie. On apprend par exemple qu’un drone israélien a visé il y a quatre jours des militants du Hamas, les tuant sur le coup avec seulement une petite bavure: trois civils dont deux enfants. Il n’y a pas eu de contact, le meurtre a eu lieu par un clic d’ordinateur à partir d’une salle climatisée en Israël. Nous sommes au XXIe siècle avec l’Internet, le Web 2.0, les drones et les robots tueurs. Qu’avons-nous en face de cela: des arbalètes et des épées. 

  

 Il n’y a donc pas d’illusion à se faire. Le Monde arabe est en agonie. La faute n’est pas imputable à l’Islam, mais ce qu’ en ont fait les hommes gouvernants et gouvernés dans le Monde arabe. Au lieu de répéter d’une façon itérative que l’Islam est une religion d’amour, de paix, le moment est peut-être venu de se mettre au travail, de prouver dans les faits – à l’instar des pays musulmans non-arabes, que c’est aussi une religion qui encourage la science et la technologie. Il n’est que de voir comment le milliard de musulmans non arabes s’en sort! Un secret: l’alternance, la liberté et la démocratie. C’est le cas de l’Indonésie, du Pakistan malgré le bourbier afghan, c’est tout de même une démocratie. L’Iran, diabolisé par l’Occident pour cause, est la seule puissance musulmane à faire partie du club fermé de l’Espace! Ce pays vient d’envoyer une capsule de vie dans l’espace, l’envoi de l’homme dans l’espace n’est pas loin. Enfin, la Turquie commence à fasciner et se présente d’une certaine façon comme un espace musulman qui s’est approprié les avancées de la modernité. 

Et l’Algérie dans tout cela? 

  

Nous sommes un petit pays qui se cherche, nous sommes un pays rentier qui n’invente rien, qui se contente de gérer une rente et en tentant de calmer la société par une distribution de biens, accentuant encore plus la certitude que dans ce pays, il ne faut pas travailler pour réussir socialement, il faut faire des émeutes, vous aurez un appartement, un prêt bref, vous pouvez arracher des avantages qu’un fonctionnaire moyen ne peut pas se permettre même s’il met sous après sous, il ne pourra jamais avoir un logement par le circuit classique. Il lui reste l’émeute et là ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre. 

  

Un Etat, qui manipule et flatte à l’envi les pulsions sans lendemain des jeunes en termes d’amusement, de football, est en train insidieusement de montrer que la voie de réussite sociale n’est pas dans l’effort au quotidien d’un travail bien fait, d’une endurance sur plusieurs décennies pour mériter de la patrie, elle est dans la voie des pentoses -voie dérivée en biochimie- celle qui permet à un football d’engranger en une fois le gain d’un universitaire qui doit se réincarner plusieurs fois pour atteindre ces sommes. 

  

On dit que ce qui se passe ailleurs, n’atteindra pas l’Algérie! Malgré nos malheurs, c’est une tragique erreur que de croire cela! C’est la méthode Couet. On veut s’auto-rassurer! Il est vrai que nous avons payé plusieurs fois, ce fut d’abord le traumatisme de 132 ans de colonisation abjecte avec son cortège de sang et de larmes, les massacres de masse – véritable génocide au ralenti- qui aurait fait plus de 5 millions de morts dont 1 million durant la Révolution. 

  

Il est vrai que nous avons connu avant tout les peuples arabes Octobre 1988, on sait comment cette espérance a été confisquée. Souvenons- nous: l’espoir s’insinuait dans le coeur des citoyens. La vie politique s’alluma, les langues se délièrent et une formidable ouverture se dessina. Parler, agir dans l’opposition, défendre ses opinions, écrire dans une presse libre, crier à gorge déployée dans les manifestations de rue, lancer ses diatribes à la télévision, tout était devenu possible. Mais le fol espoir allait vite retomber. La mal-vie, les frustrations, la misère morale et les univers mentaux inconciliables, traduisant la fragilité du processus de formation de la nation, allaient servir de détonateur entre les mains d’un pouvoir rusé et faire échec à la première tentative démocratique dans le Monde arabe. Les Algériens perdirent pied et s’accrochèrent par réflexe atavique ou eschatologique aux discours les plus radicaux, Les valeurs, identitaires ou religieuses, étaient le refuge, la voie du «salut». La descente aux enfers pouvait commencer. 

  

Il est vrai que nous avons subi ensuite, une guerre civile de près de 200.000 morts et que les répliques jouent encore les prolongations. A ce titre de la désespérance, nous n’avons malheureusement pas de leçons à recevoir ni même à donner. Ceci est dit, nous ne sommes pas vaccinés, car les jeunes actuels n’ont pas connu le passé. De plus, la révolution de l’Internet peut leur donner l’illusion de faire comme les autres. Ceci est dit, il y a une écoute à faire concernant le message des marches rituelles du samedi. Celles et ceux qui marchent ont autant que tout le monde le monopole du coeur, il serait tragique de les marginaliser. Naturellement, comme dans toute révolte, il y a ceux qui ont d’autres centres d’intérêt. 

  

Par ailleurs, quand on montre à la télévision, plus indigente que jamais, des harraga, c’est que nous sommes en train de traverser le no man’s land qui nous amène inexorablement au chaos. Et pourtant, le pays n’a jamais été aussi riche. Malgré la facture très élevée, payée par l’Algérie en vies humaines et en traumatismes, l’après-Octobre 88 n’a pas seulement déçu, mais il a donné lieu à un immense gâchis, qui a débouché sur la guerre civile. Et pourtant, les jeunes, objets de toutes les manipulations, ne demandent qu’à vivre, étudier et faire preuve d’imagination. Une petite anecdote: des harraga en mer écoutent la radio et apprennent que l’Équipe nationale a battu la Zambie. Demi-tour vers la mère patrie pour fêter l’évènement dignement. Tôt, le lendemain, les harraga repartent à l’aventure et risquent leur vie, l’Algérie n’ayant pas su les retenir. 

  

De ce côté, je me reconnais pleinement dans l’épitre de monsieur Aït Ahmed pour ce que j’ai compris, appelle à une refondation. Je cite: «Pour que chaque Algérien apporte et assume sa part dans la construction et la sauvegarde de son pays. Une part qui ne peut se résumer au soutien apporté à une équipe de football ou à un drapeau accroché à un balcon. Avec le déclenchement d’une dynamique de débat national qui porte sur les préoccupations quotidiennes des citoyens. Avec l’éclairage des intellectuels, des universitaires et des experts engagés auprès de leur société sur la base des préoccupations et des souffrances vécues par cette même société. Avec la force de conviction et d’engagement des citoyens et des militants, et avec le retour de la confiance en soi et entre soi, le lien social et le lien politique seront de nouveau tissés. C’est seulement au terme d’une remobilisation citoyenne et politique des Algériens que nous pourrons aborder l’ensemble du processus électoral devant aboutir à une refondation institutionnelle, qui remette les droits des citoyens, leur sécurité et leur développement ainsi que ceux du pays au coeur d’une Constitution digne de ce nom, parce qu’enfin issue d’une Assemblée constituante, librement élue par des Algériens libres. Ceux qui participeront à l’élaboration de ce processus seront les premiers Algériens véritablement libres, et ceux qui seront partis avant, ne se seront pas battus pour rien». Appel de M.Hocine Aït Ahmed. Mardi 22 mars 2011 

  

On ne peut pas ne pas être d’accord avec cet appel tout en nuance qui transcende les partis actuels et qui en appelle à la conscience de chacun. Seul le parler vrai permettra de remobiliser ce peuple et lui donner une mentalité de vainqueur qui tournera le dos à la fatalité savamment entretenue par des siècles de résignation 

  

Je suis étonné cependant, par tous ceux qui veulent que ça change d’un coup ne proposant pas une alternative et ceux qui promettent monts et merveilles pourvu que le gouvernement s’en aille. Il y a une lourde responsabilité de chacun d’entre nous de pousser à la roue avec une vision à courte distance. Si le changement se faisait ici et maintenant sans préparer une base rationnelle cela sera le chaos. Le peuple s’étant installé plus que jamais dans la paresse et demande à l’Etat de le prendre en charge sans que lui-même ne fasse l’effort de contribuer à la richesse, il ne faut pas se faire d’illusion: il n’a pas de khatem de sidna souliman (pas de miracle). Seuls la sueur, l’endurance, le travail bien fait, l’écoute et la nécessité que chacun rende compte et soit comptable de ses actes pourraient faire redémarrer l’Algérie.   

  

Comment peut-on continuer à errer avec un système éducatif où là encore, on fait dans la diversion? Avec une absence de stratégie énergétique qui compromet dangereusement l’avenir? Seuls le consensus, le dialogue, la parole désarmée, l’intérêt supérieur du pays permettront de réconcilier les Algériens et mettre fin à la guerre sourde de positions entre deux visions pour l’Algérie, celle d’une Algérie satellite d’une nation arabe qui n’existe pas, et celle nostalgique de fafa, d’un art de vivre type Quartier latin. Ces deux visions tentatrices n’ont évidemment aucune idée de ce que pourrait être la vie selon la mentalité algérienne. Qu’allons-nous laisser aux générations suivantes? À nous de nous organiser pour donner de l’espoir à cette jeunesse qui a perdu ses illusions. Pour cela, seul le parler vrai, le patriotisme, la fidélité aux valeurs nous permettront enfin de bâtir une Algérie qui sortira de la malédiction de la rente pour se mettre au travail.

 

L’Algérie de la IIe République sera celle que l’on construira toutes tendances confondues. Une seule exigence, l’amour de l’Algérie. La vraie identité des Algériens est ce droit et ce devoir de «vivre ensemble que l’on soit de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud». Nul doute qu’un pays dont l’histoire s’étale sur plus de trois mille ans, ne peut pas laisser indifférent. A nous de perpétuer cette épopée avec de réels motifs de fierté et d’aller enfin de l’avant. En définitive, il nous faut retrouver cette âme de pionnier que l’on avait à l’Indépendance en mobilisant, quand il y a un cap. 

  

Imaginons pour rêver que le pays décide de mettre en oeuvre les grands travaux autrement que de les confier aux Chinois et Japonais, sans sédimentation ni transfert de savoir-faire, il mobilisera dans le cadre du Service national, véritable matrice du nationalisme et de l’identité, des jeunes capables de faire reverdir le Sahara, de s’attaquer aux changements climatiques, d’être les chevilles ouvrières à des degrés divers d’une stratégie énergétique qui tourne le dos au tout-hydrocarbures et qui s’engage à marche forcée dans les énergies renouvelables. Nul besoin alors d’une Equipe nationale qui nous donnera le bonheur épisodiquement, le bonheur transparaîtra en chacun de nous par la satisfaction d’avoir été utile, et en contribuant par un travail bien fait, par l’intelligence et la sueur, à l’avènement de l’Algérie de nos rêves. Il ne tient qu’à notre volonté de faire de nos rêves une réalité. 

  

Pr Chems Eddine Chitour : Ecole Polytechnique enp-edu.dz

27 mars, 2011 à 0:39 | Commentaires (0) | Permalien


Le Nouvel ordre mondial à l’assaut de l’Islam

Le Nouvel ordre mondial à l'assaut de l'Islam dans Politique Internationale NWO-WallpaperFrémissant fin 2010 et désormais bouillonnant depuis 2011, le monde musulman connaît des bouleversements qui ont pris de court les diplomaties de tous les continents. Des manifestations de masse secouent les structures politiques héritées de la Seconde guerre mondiale ou de la décolonisation. Sur fond de pauvreté et de corruption généralisées, les foules sunnites et chiites exigent un changement radical. La démocratie, des élections libres, une plus grande liberté des médias et autres éléments propres à l’épanouissement de l’homme doivent désormais régir les structures politiques musulmanes. Ces revendications ne peuvent que satisfaire les dirigeants et les opinions publiques des nations européennes et américaines. Cependant, cette présentation idyllique se doit d’être vue sous l’angle de la réalité politique. En effet, « la comédie humaine », chère aux romans d’Honoré de Balzac, nous a appris que les grands événements sont toujours le fruit des actions d’une élite. Les masses ont toujours été utilisées comme instrument en faveur d’une politique bien définie. « Agitez le peuple avant de s’en servir » comme se plaisait à le rappeler le diplomate Charles-Maurice de Talleyrand qui, en ce domaine, s’y entendait.

L’architecture générale du nouvel ordre mondial en préparation

Pour mieux comprendre les bouleversements en cours dans les pays musulmans, nous devons aller du général au particulier. En effet, la trame de fond à l’origine de tous ces événements réside dans le développement du nouvel ordre mondial qui est plus qu’une idéologie ; c’est une mystique. Il s’agit de favoriser partout l’émergence de blocs continentaux européen, africain, Nord-américain ou Sud-américain politiquement unifiés et régis par des lois communes. L’ensemble de ces blocs doit constituer l’architecture générale d’une gouvernance mondiale réunissant une humanité indifférenciée et nomade. Cette politique prend déjà forme avec la création d’une assemblée parlementaire mondiale au sein des Nations Unies (APNU : Assemblée Parlementaire des Nations Unies)[1] sous la direction de l’Allemand Andréas Bummel[2].  Une monnaie mondiale doit structurer l’ensemble. Le FMI a déjà annoncé la couleur en avril 2010 en plaidant en faveur d’une monnaie planétaire (le Bancor) régie par une banque centrale mondiale (Reserve accumulation and International Monetary Stability)[3]. Ceci implique l’abandon du dollar et une réforme complète du système financier mondial. Cependant, cette construction babélienne ne peut s’élever qu’à la condition d’imposer une uniformisation des esprits. Une unité de pensée, des réflexes psychologiques communs, un esprit consumériste et un hédonisme effréné doivent codifier les ressorts profonds de l’âme humaine. Or, dans cette affaire, l’Islam ne rentre pas dans cette configuration. Cette opposition est renforcée par une caractéristique fondamentale de l’Islam par rapport au monde occidental. En effet, les pays issus du résidu de civilisation chrétienne reposent sur la distinction entre le temporel et le spirituel. En revanche, la religion musulmane n’obéit pas à cette caractéristique en fusionnant le temporel et le spirituel. L’Islam est en même temps une foi et une loi. C’est pour cette raison que la société civile, par exemple, n’a jamais pu naître en terre d’Islam. Cette présentation factuelle est indispensable à retenir car elle permet de comprendre que ces deux mondes sont sur des parallèles civilisationnelles.

Au lendemain de la chute du mur de Berlin, les élites anglo-saxonnes ont accéléré le rythme en permettant l’édification d’une Union européenne assujettie à leurs intérêts[4] en coopération avec l’Allemagne[5]. Cette Union européenne doit, théoriquement pour 2015, constituer un partenariat transatlantique complet[6] avec le Nouveau monde qui lui-même est appelé à s’unifier dans le cadre d’une Union nord-américaine[7] selon les vœux du Council on Foreign Relations (CFR)[8]. Cependant, face à la montée en puissance du monde asiatique, en priorité chinois, Londres et Washington veulent s’assurer le contrôle complet des hydrocarbures en provenance des pays Sud-méditerranéens et du Proche-Orient. L’indépendance acquise du Sud-Soudan avec le soutien intéressé des Anglo-Saxons s’explique en raison de riches réserves pétrolières qui, désormais, échappent à Pékin. Cette politique en direction de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient fut appuyée dès 1995 par l’Union européenne qui lança le « Processus de Barcelone »[9]. L’objectif officiel était : 1) la définition d’un espace commun de paix et de stabilité ; 2) la construction d’une zone de prospérité partagée avec l’instauration progressive d’une zone de libre-échange ; enfin 3) le rapprochement entre les peuples.

En raison de résultats peu probants, la Commission européenne passa à la vitesse supérieure en 2003 en lançant la « Politique européenne de voisinage » (PEV)[10]. Cette dernière consiste à imposer aux pays du pourtour Sud-méditerranéens le modèle euro-atlantiste en leur présentant toute une série de normes à intégrer : l’économie de marché, le respect des droits de l’homme ou encore l’Etat de droit.  Dans l’esprit des concepteurs européistes, des normes communes doivent gérer tous les pays de part et d’autre de la Méditerranée. Une intégration complète doit conduire à l’union d’un Occident « civilisé » à celui d’un Orient « compliqué ». En fait, en filigrane, ce qui nous est proposé, c’est la tentative de restauration de l’Empire romain soudée à une excroissance géographique Nord-américaine. En matière d’intégration, les textes de la PEV sont très clairs. Ils stipulent : « Le concept qui se trouve ancré dans la politique européenne de voisinage est celui d’un cercle de pays partageant les valeurs et objectifs fondamentaux de l’UE et s’engageant dans une relation de plus en plus étroite allant au-delà de la coopération, c’est-à-dire impliquant un niveau d’intégration économique et politique important »[11].

En raison de cette dynamique, il fut décidé en 2007 la création d’une Union pour la Méditerranée sous l’impulsion du président Sarkozy. L’objectif officiel était de renforcer et d’accélérer le processus d’intégration des deux rives de la Méditerranée. Cependant, le projet fut fondamentalement remanié sous la pression de la chancelière Merkel appuyée par la Fondation Bertelsmann[12]. En effet, en raison du poids croissant de l’Allemagne en Europe centrale et orientale, les autorités françaises ont cherché à contrebalancer cette tendance en créant une forme de Mitteleuropa Sud-méditerranéenne sous la seule influence de la France. Dans la première mouture d’Union pour la Méditerranée, seuls les pays riverains étaient intégrés au club. Flairant une politique de création de zone d’influence contraire à ses intérêts, Berlin exigea et obtint que tous les pays de l’UE participent à cette Union pour la Méditerranée. Comme le précisa clairement la chancelière : « Si par exemple, nous construisons une Union pour la Méditerranée qui verrait uniquement la participation des Etats riverains de la Méditerranée disposant des instruments financiers de l’Union européenne, je le dis tout net ; d’autres diront : nous devons mettre sur pied une Union de l’Europe de l’Est avec par exemple, l’Ukraine (…). Alors, il se passera quelque chose que je tiens pour très dangereux. Il se pourrait que l’Allemagne se sente plus concernée de son côté par les pays d’Europe centrale et orientale tandis que la France, elle, se tourne du côté de la Méditerranée. Cela réveillerait des tensions à l’intérieur que je ne veux pas. C’est pourquoi, il faut être clair : la responsabilité à l’égard de la Méditerranée est aussi l’affaire d’un Européen du Nord au même titre que l’avenir des frontières de la Russie et de l’Ukraine est l’affaire de ceux originaires de la Méditerranée. Si nous n’arrivons pas à arrêter ce mouvement, alors l’Union européenne à mon sens retournerait à son stade primitif (…) »[13]. Le président Sarkozy s’inclina permettant à l’Allemagne, principal contributeur financier européen, de faire d’une pierre deux coups : maintien de son influence en l’Europe de l’Est tout en étendant et renforçant ses liens vers le Sud de la Méditerranée. Désormais baptisé « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », cette victoire allemande fut le 1870 de la diplomatie française.

La destruction programmée

En fait, le lancement officiel de la politique de déstructuration étatique et civilisationnelle des pays musulmans du Maroc à l’Afghanistan peut être daté au 7 février 2004. En effet, lors de la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité sous l’égide de l’OTAN[14], Joschka Fischer, ministre des Affaires étrangères du chancelier Schröder, présenta un véritable programme politique à appliquer aux pays musulmans de concert avec les Etats-Unis. Porte-parole des travaux de différents think tanks américains (Rand, Canergie Endowment, National Endowment for Democracy, …)[15] ou allemands (la Fondation Bertelsmann, …)[16],  Joschka Fischer rappela la nécessité d’une « stratégie commune » euro-américaine en deux points : 1) le lancement d’un processus méditerranéen commun de l’OTAN et de l’Union européenne ; 2) une « Déclaration pour un avenir commun » pour tous les pays du Proche et Moyen-Orient. Outre l’imposition de réformes touchant les domaines politiques, économiques et militaires à l’image des pays du bloc euro-atlantique, le ministre allemand proposa une refonte complète du système juridique, éducatif et social, la création d’ONG ainsi que le développement de la société civile, du dialogue interreligieux, la promotion des droits de l’homme en général et de l’égalité homme/femme en particulier pour l’ensemble du monde musulman. Toutes ces mesures doivent, selon l’expression même du ministre, favoriser « l’intégration de leurs économies », le tout reposant « sur la conviction que la modernisation du Proche-Orient élargi sera décisive pour notre sécurité commune au XXIè siècle. Faire participer les populations du Proche et Moyen-Orient aux conquêtes de la mondialisation est donc dans notre plus grand intérêt »[17].

Ces mesures révolutionnaires destinées à fondre le monde musulman dans les principes euro-atlantistes et mondialistes furent confirmées, le 27 février 2004, lors de la signature de « l’Alliance germano-américaine pour le XXIè siècle »[18] à Washington entre le chancelier Schröder et le président Bush. Outre le rappel des mesures proclamées à Munich, il est clairement affiché que : « Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux pays du Proche et Moyen-Orient afin de travailler ensemble avec les pays et les peuples de cette région dans un cadre permettant d’atteindre des buts ciblés et de vivre paisiblement les uns à côté des autres (…) ». En fait, ces affirmations épousent parfaitement les objectifs de la politique du « Grand Moyen-Orient » lancée par l’administration Bush, désormais baptisée « Nouveau Moyen-Orient » (New Middle East) sous le plume de Richard Haass président du CFR dans la revue Foreign Affairs en 2006[19]. Cette coopération euro-américaine est d’autant plus significative qu’elle se retrouve dans les travaux de la Fondation Bertelsmann qui a développé une double politique à l’égard d’Israël et du monde musulman. Dans un premier temps, il s’agit dans le cadre du « Dialogue germano-juif »[20] d’intégrer Israël à l’architecture politique, économique et militaire euro-atlantique. L’Etat hébreu doit constituer un pilier du judaïsme en liaison avec deux autres piliers : les judaïsmes européen et américain. Dans un deuxième temps, cette politique ne peut se concrétiser qu’à la condition de réussir à arrimer le monde musulman à cette construction géopolitique. C’est tout l’enjeu des « Discussions de Kronberg »[21] qui, depuis 1995, permettent des discussions entre euro-américains et élites musulmanes afin d’inciter ces dernières à adopter les principes politico-philosophiques des euro-atlantistes dans les structures internes des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Or, ces discussions achoppent en raison de la fusion du spirituel et du temporel propre à l’Islam. Et c’est là où les autorités américaines ont d’une certaine manière lâché le morceau.

Le Vatican II de l’Islam

En juin 2006, un article intitulé « Frontières de sang » sous la signature de Ralph Peters et paru dans la revue militaire américaine Armed Forces Journal (AFJ), a présenté une carte recomposant le Proche-Orient en fonction des critères ethniques et religieux[22]. Tous ces pays voient leurs frontières bouleversées. En fait, son auteur s’inspire largement des travaux de l’islamologue britannique proche de Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Obama), Bernard Lewis. Ce dernier est l’auteur de l’expression « Choc des civilisations »[23] reprise avec succès par Samuel Huntington. Pour Bernard Lewis, il s’agit de balkaniser le monde musulman afin de créer de mini-Etats pétroliers plus faciles à contrôler. Un modèle de restructuration appelé « arc de crise » fut présenté dans la revue « Time » en janvier 1979[24]. Cette recomposition complète repose sur le principe du « divisez pour mieux régner ». Cependant, derrière l’aspect politico-économique, la mystique mondialiste s’attaque au cœur du monde musulman concernant un point méconnu de nos sociétés matérialistes. En effet, la nouvelle carte présente un remaniement révolutionnaire : un « Etat sacré islamique » regroupant Médine et la Mecque au sein d’une Arabie Saoudite complètement désarticulée et dont l’éclatement aurait de fatales répercussions sur l’économie mondiale (grandes difficultés d’approvisionnement en pétrole) et sur la stabilité du dollar. Comme le précise son auteur : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis au Saoud (ndlr : la famille régnante d’Arabie Saoudite) de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. (…) Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé »[25].

En effet, parler de l’intégration du monde musulman à l’axe euro-atlantique et aux principes du nouvel ordre mondial signifie que cela ne peut se faire qu’à la condition de modifier radicalement leurs référents religieux et, par ricochet, politiques, économiques, sociaux et psychologiques. La mystique mondialiste veut imposer son baptême permettant la mise en forme d’un panthéisme. La création d’un « Etat sacré de l’Islam »  et d’un « Conseil représentatif tournant » en mesure de modifier la religion de l’intérieur correspond à l’instauration d’un Vatican II de l’Islam. Pour rappel, les préceptes de l’Eglise catholique étant incompatibles avec la doxa mondialiste, il fut nécessaire de favoriser un aggiornamento complet grâce à Vatican II (1962-1965) afin de permettre aux successeurs de saint Pierre de soumettre la doctrine catholique à l’idéologie mondialiste dans le cadre d’une Agapè inversée et célébrée dans le Temple des Nations Unies. Ce fut affirmé sans ambiguïtés par Jean XXIII qui, dans son encyclique Pacem in terris de 1963[26], rappelait la nécessité d’un « pouvoir supranational ou mondial » qui ne soit pas institué de force permettant « l’établissement d’une organisation juridico-politique de la communauté mondiale ». Cette affirmation fut reprise par Benoît XVI qui n’hésita pas à encourager l’humanité à s’engager « dans l’édification d’un nouvel ordre mondial » dans son message de Noël en 2005[27]. Ce pape réitéra son engagement, dans son encyclique Veritas in caritate de 2009, en appelant à créer une « autorité politique mondiale » en liaison avec l’ONU[28]. C’est la même démarche qui attend les pays musulmans si le projet consistant à entièrement déstructurer cette zone géographique du Maroc à l’Afghanistan arrive à son terme. Cette politique de dissolution et de recomposition doit favoriser les luttes entre sunnites et chiites, entre musulmans et chrétiens et conduire à une confrontation brutale avec le sionisme. De ce magma en fusion, un « Islam des Lumières » doit théoriquement émerger du chaos engendré par la mystique mondialiste afin de l’intégrer aux dogmes de la gouvernance mondiale. L’heure de vérité a sonné. Finalement, les auteurs de ce drame aux conséquences incalculables (politiques, économiques, énergétiques et en vies humaines) suivent à la lettre les fameux vers du poème de Goethe, « L’apprenti sorcier », qui rappelaient : « Les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23775

18 mars, 2011 à 21:20 | Commentaires (0) | Permalien


Ait Ahmed-Mehri : bêtes noires des éradicateurs.

L’échec de la coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) devait être une occasion, à ses promoteurs, de se remettre en question. A défaut d’un tel travail sur soi, il fallait en moins tirer les enseignements idoines.

En effet, un déficit de crédibilité a incité les Algériens à ne pas répondre à leurs appels successifs. Bien que le blocage des voies menant à Alger soit effectif, il n’en reste pas moins que l’échec de cette organisation, en raison de la présence de quelques partis en son sein, est patent. Dès le départ, la question qui fut posée est de savoir si la place du 1er mai pouvait ressembler à la place Al-Tahrir du Caire. La réponse est sans appel : la différence est difficile à faire bien que la répression, qui s’en est suivie ici et là, ait été la même. En effet, depuis le début de la contestation égyptienne, la place Al-Tahrir fut encerclée par les forces de police. Et les passages furent surveillés et filtrés. En revanche, cela n’a pas empêché les Cairotes de rejoindre le lieu de la contestation. En Algérie, dans toutes les manifestations, depuis le 21 janvier 2011, le nombre de policiers dépasse celui des manifestants. Du coup, la raison ne peut être expliquée que par le manque de confiance que suscitent les initiateurs de la manifestation. Cela dit, la présence de maitre Ali Yahia Abdenour laisse pantois. Militant invétéré, il fut de tous les combats, menés parfois contre vents et marées dans les années 1990. En tout cas, en d’autres circonstances, ses appels auraient été bien accueillis.

Cependant, depuis peu, les éradicateurs optent pour une tactique machiavélique. Ne voulant pas se remettre en question, ils expliquent leur échec par l’initiative d’Abdel Hamid Mehri, soutenue par Hocine Ait Ahmed. Or, ces éradicateurs cherchent-ils au fond le changement profond ? Pas si sûr. Les éradicateurs, et cela est un secret de polichinelle, ne s’opposent à Bouteflika que pour renforcer le pouvoir concurrent. Car, selon Mohamed Benchicou, la stratégie de Bouteflika est de mettre en œuvre la plateforme de Sant ‘Egidio. Cela suffit à employer tous les moyens en vue de le discréditer. Heureusement, la caste militaire, écrit-il, bloque cette initiative. Partant, tout est dit. Tout compte fait, les citoyens ne sont pas dupes. D’ailleurs, dès la connaissance du différend opposant Bouteflika au chef des services secrets, le général Toufik, les éradicateurs ont pris cause et fait pour ce dernier. Mais les Algériens veulent-ils forcément se positionner par rapport à un clan du pouvoir ? Ce qui est évident c’est que les Algériens espèrent sortir de cette situation de déni systématique de leurs droits. En effet, bien que la société soit lasse des violences des années de braises, l’engouement suscité par les révolutions nord-africaines renseigne, si besoin est, sur le désir de changement en Algérie. Mais comment peut-on prétendre incarner le changement si le choix des Algériens n’a pas de chance d’être entériné? En effet, on a assisté, par le passé, à ce genre de situation. Précisément, en 1992. Bien que l’éventuelle tricherie du vainqueur doive être prouvée et condamnée par la loi, les amis de Benchicou ont appelé, tout bonnement, à l’arrêt du processus démocratique. Ainsi, tout en étant prêts à apporter le soutien indéfectible au régime opaque en cas de la moindre difficulté, les éradicateurs se mettent en avant pour réclamer le seul changement du locataire d’El Mouradia. Or le peuple algérien ne cherche pas à sauver ni l’un ni l’autre. Il cherche avant tout à se réapproprier son droit d’exister politiquement. Mais pour les éradicateurs, tout ce qui peut symboliser cette dynamique est combattu. Dans les colonnes d’un quotidien national, Benchicou écrit: «Il y eut l’irruption d’un homme : Hocine Aït Ahmed, le fondateur du Front des forces socialistes, qu’on dit adversaire acharné de la caste militaire et infatigable partisan de la réconciliation avec les islamistes. De son exil suisse, Aït Ahmed saisit immédiatement après la chute de Ben Ali et les premiers affolements de Bouteflika, les conséquences catastrophiques qu’aurait un départ du président algérien : ce serait la fin du projet de «réconciliation» caressée depuis Sant ‘Egidio ; le tête-à-tête insoutenable avec les généraux ; l’émergence d’une Algérie nouvelle à la construction de laquelle les islamistes et les «réconciliateurs» n’auraient pas pris part et dans laquelle, craint-il, les généraux continueraient d’exercer le pouvoir.»

Du coup, en faisant peur aux Algériens, les éradicateurs avertissent qu’un choix libre des citoyens risque d’embarrasser le pouvoir réel. Mais, en ne réussissant pas à convaincre les Algériens, ils discréditent toute autre dynamique. Car le rejet de la plateforme de Sant ‘Egidio reste le point sur lequel se joignent tous les éradicateurs. En effet, bien que des divergences existent dans leur camp, l’empêchement de l’instauration de la République démocratique les soude. Pour que le lecteur ne soit pas perdu, il faut rappeler que la plateforme de Sant ‘Egidio fut adoptée par des partis politiques réunissant plus de 90% de suffrages le 26 décembre 1991. La décision primordiale, entérinée ce jour-là à Rome, fut le bannissement à jamais de la violence dans l’exercice du pouvoir ou pour y parvenir. Voici quelques mesures contenues dans l’article 1 de la charte: «

— le rejet de la violence pour accéder ou se maintenir au pouvoir.

— le rejet de toute dictature quelle que soit sa nature ou sa forme, et le droit du peuple à défendre ses institutions élues.

— le respect et la promotion des droits de la personne humaine tels qu’énoncés par la Déclaration Universelle, les pactes internationaux sur les droits de l’homme, la convention internationale contre la torture et consacré par textes légaux.

— le respect de l’alternance politique à travers le suffrage universel.

— le respect de la légitimité populaire. Les institutions librement élues ne peuvent être remises en cause que par la volonté populaire.

— la primauté de la loi légitime

— la garantie des libertés fondamentales, individuelles et collectives quels que soient la race, le sexe, la confession et la langue.

— la consécration du multipartisme.

— la non implication de l’Armée dans les affaires politiques. Le retour à ses attributions constitutionnelles de sauvegarde de l’unité et de l’indivisibilité du territoire national.

— les éléments constitutifs de la personnalité algérienne sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité; la culture et les deux langues concourant au développement de cette personnalité doivent trouver dans ce cadre unificateur leur place et leur promotion institutionnelle, sans exclusion ni marginalisation.

— la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

— la liberté et le respect des confessions.»

Cependant, après les explications de Mehri, dans une conférence de presse, tenue au siège du FFS, la stratégie des éradicateurs est mise à nue. La différence entre les éradicateurs et les réconciliateurs se situe dans la détermination des uns de faire couler le sang des Algériens et la volonté des autres de faire de l’Algérie un pays où l’apaisement sera sa pierre angulaire.

Toutefois, bien que Mehri reconnaisse sa volonté de travailler avec Hocine Ait Ahmed, il nie, de façon catégorique, la démarche que lui reprochent les éradicateurs. Il ne se serait pas entendu avec le président du FFS en vue de sauver Bouteflika. Selon lui, «Ce n’est ni moi ni Ait Ahmed qui allons sauver le régime… Je tiens à ce que mes positions soient claires et publiques. Je crois que les questions d’intérêt général n’ont pas de secret et se règle devant l’opinion publique.» En somme, il existe une autre différence entre eux. Ils divergent sur la façon d’envisager la résolution de la crise. Contrairement aux partisans de l’éradication qui rencontrent le chef des services secrets en vue d’évaluer la situation du pays, Abdel Hamid Mehri reconnaît que si une telle rencontre devait avoir lieu avec le chef de l’Etat, celle-ci serait publique.

Finalement, il est clair que les éradicateurs ne souhaitent pas la fin du régime hérité de la crise de l’été 1962. Dans leurs différentes marches, du 21 janvier à nos jours, les slogans sont pour la plupart « Bouteflika dégage ». Est-ce suffisant ? En tout cas, les Algériens demandent plus que ça. Selon Mehri, l’Algérie a vécu un cas similaire sans que la situation ne soit changée dans le fond.

De l’avis de l’ancien secrétaire général du FLN, présent à Sant ‘Egidio, il faudrait privilégier le changement du système au lieu de se focaliser sur le départ de Bouteflika : « Cela ne sert à rien. Au début des années 1990, des voies s’étaient levées pour exiger la démission de Chadli Bendjedid. Chadli est parti et le régime est resté. » Au fond, la stratégie des éradicateurs n’était-elle pas de sortir les premiers, en sachant qu’ils n’auraient pas été suivis, pour imposer leur revendication ? Si tel est le cas, ils ont réussi à empêcher la révolution semblable à celles de la Tunisie ou de l’Egypte.

18 mars, 2011 à 20:30 | Commentaires (0) | Permalien


La désinformation merdiatique

   
 Par Ghani Gulussa.

Il y’a une ambigüité mensongère dans le discours français sur la catastrophe nucléaire au japon. Le mercredi 16 mars 2011 au journal 20h de France2, David Pujadas, professionnel de l’abrutissement et de la désinformation de la population, nous montre  la pilule miracle  qui peut nous sauver de la mort lente que pourra provoquer le nuage radioactif qui arrivera en France dans 7 jours au plus tard, ainsi il ouvre un nouveau business aussi à faire en France à l’instar de la grippe H1N1, le lobby pharmaceutique en France ne rate aucune occasion pour vendre ces pilules, surtout quand le frère de sarko en est un. Les merdias se mobilisent en masse pour terrifier la population et leur faire avaler toutes les cochonneries produites dans les labos, de plus, à en croire les analystes indépendants, cette pilule n’a aucune efficacité conte le plutonium utilisé par les japonais, car c’est une  matière plus dangereuse que l’uranium utilisé à Tchernobyl, il suffit d’une seule particule de cette matière hautement toxique pour développer un cancer. Cela dit, s’il y’a catastrophe, les maladies  et des cancers vont franchir les barres du raisonnable. Voila ce que ce professionnel de la propagande ne dit pas. C’est quand même étonnant de voir qu’en même moment on évoque le risque zéro catastrophe, il ne faut pas aussi provoquer la chute du lobby nucléaire. Invité du même Journal, le premier ministre F.Fillon nous rassure que la catastrophe est évitée et que la France est loin de voir un scénario pareil, alors que toutes données prêtent à penser que la catastrophe est inévitable. Ainsi les politiciens et les experts nucléaires français ne cessent de berner la population avec des discours tantôt rassurants et tantôt apocalyptiques, tout est bon pour se remplir les poches. On voit  les mêmes experts qui ont fait la promotion des vaccins contre H1N1, se présenter avec des analyses qui poussent les sciences au ridicule. Franchement en écoutant ces merdias avec toute ces compagnes d’abrutissement je me sens de plus dans un monde malsain et sans aucune valeur morale ni humanitaire, on exploite les malheurs de tout le monde pour augmenter leur compte en banque, on fait de l’émotionnel, du sensationnel et on s’adresse toujours au cerveau reptilien de chacun pour éviter tout raisonnement. Désormais le contrôle des masses prend des allures lucifériennes.  

18 mars, 2011 à 11:46 | Commentaires (0) | Permalien


Japon: Grosse inquiétude autour de la centrale nucléaire de Fukushima

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi (Japon), le 14 mars 2011Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi (Japon), le 14 mars 2011 HO NEW / REUTERS
CATASTROPHE – Une explosion a eu lieu au sein d’un réacteur ce lundi matin…

Alors que le bilan officiel du séisme et du tsunami est à l’heure actuelle de plus de 1.800 victimes et 2.300 disparus, dont 17 Français, l’inquiétude principale se porte toujours sur l’état de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi dont le réacteur n°3 a connu une explosion ce lundi matin.

La compagnie Tepco, qui exploite la centrale, a commencé à injecter de l’eau de mer dans le réacteur n°2 pour tenter de le refroidir. Une fusion du coeur du réacteur ne peut être exclue, selon l’agence Jiji. Tepco a déclaré que les barres de combustible nucléaire avaient pu être complètement exposées à l’air libre. Selon l’opérateur, les barres sont désormais à moitié immergées.

Le Japon demande l’aide des Etats-Unis

Le circuit de refroidissement du réacteur n°2 de la centrale atomique de Fukushima-Daiichi, endommagée par le séisme et le tsunami de vendredi dans le nord-est du Japon, a cessé de fonctionner lundi et il n’est resté de ce fait pratiquement plus d’eau à l’intérieur, avait annoncé auparavant Tepco. Le Japon a demandé l’aide des Etats-Unis pour l’aider à refroidir ses réacteurs.

Pour le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les réacteurs sont intacts et les rejets radioactifs limités. «Les autorités japonaises travaillent aussi dur que possible, dans des circonstances extrêmement difficiles, pour stabiliser (la situation dans) les centrales nucléaires et assurer la sécurité», a déclaré Yukiya Amano, dans un communiqué transmis ce lundi aux Etats membres de l’AIEA.

Une catastrophe proche de Tchernobyl?

Le directeur de l’AIEA s’est par ailleurs dit convaincu que les autorités japonaises communiquaient toutes les informations à leur disposition. Il a en outre jugé très peu probable que l’accident de la centrale de Fukushima ne donne lieu à une catastrophe comparable à celle de Tchernobyl, survenue en 1986.

On en est pourtant proche d’après le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste. L’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima pourrait être plus grave qu’annoncé et classé au niveau 5 voire 6 sur l’échelle internationale, a-t-il déclaré ce lundi. Les autorités japonaises ont classé l’incident au niveau 4 samedi, au lendemain du séisme et du tsunami.

«Pas de doute» sur un début de fusion

André-Claude Lacoste a précisé tenir ses informations de plusieurs sources différentes: les autorités japonaises, ses homologues étrangers et des «sources informelles». Selon ces informations, «il n’y a pas de doute» qu’il y a eu un début de fusion du coeur des réacteurs numéro 1 et 3 de la centrale de Fukushima et «sans doute début de fusion du coeur pour le réacteur numéro 2». Le scénario le plus redouté serait une fusion complète du coeur d’un réacteur et/ou la détérioration des enceintes de confinement, a dit l’ASN.

Dans le premier cas, l’accident serait «similaire» à celui de Three Mile Island, survenu aux Etats-Unis en 1979 et qui n’avait entraîné que de faibles rejets, dans le second cas, la situation serait «plus proche de Tchernobyl». «Nous sommes au début d’une crise qui peut durer des semaines», a prévenu André-Claude Lacoste.

Les autorités japonaises ont, par mesure de précaution, approvisionné les centres d’évacuation avec 230.000 unités d’iode. L’AIEA a souligné que ces pastilles d’iode, une substance qui peut prévenir le cancer de la thyroïde en cas d’exposition radioactive lors d’un accident nucléaire, n’avaient pas encore été distribuées à la population.

 Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=23712

15 mars, 2011 à 12:04 | Commentaires (0) | Permalien


La « Transition Attali » par la « Rhétorique Soros »

Article placé le 12 mar 2011, par Julien Teil (Toulouse)

La « Transition Attali » par la « Rhétorique Soros » dans Politique Internationale Attali

Dans un texte publié le 31 Janvier 2011 sur son blog et portant le titre « Transitions »[1], Jacques Attali analysait les insurrections arabes et nous proposait habilement la solution des ingérences occidentales afin de « libérer les peuples de la dictature ». Il ne s’agit pas d’appeler à l’ingérence militaire, même s’il évoque le rôle de l’OTAN dans la tenue du monde. Il défend au contraire une vision de l’ingérence humanitaire. Une ingérence qui doit se faire dans la stricte logique de ce qu’il défend depuis de nombreuses décennies : Il faut globaliser la démocratie pour le bien de l’humanité et pour cela tous les moyens sont bons. Regrettant l’inexistence d’une autorité mondiale vouée à insuffler la démocratie, il proposerait aujourd’hui une réponse qui pourrait prendre cette forme et à laquelle les ONG seraient affiliées. De quelle type de « Transition(s) » s’agit-il réellement ?

Tout d’abord, Jacques Attali fait une erreur en affirmant qu’ « aucune institution internationale n’a mis une réelle conditionnalité démocratique à son soutien ». Il semble en effet oublier que la croisade démocratique fait déjà corps avec certaines institutions internationales comme la Banque Mondiale. Après avoir imposé les programmes d’ajustements structurels, cette dernière a ensuite prodigué la « bonne gouvernance« . Concept purement stratégique qui permettait cette fois de libéraliser les biens publics des États, tout en leur imposant des normes de « démocratisation » naturellement en faveur de ceux qui contrôlent les institutions internationales : soient les États-Unis et leurs alliés. Une logique qui ne pouvait se révéler efficace que grâce au soutien apporté par la « société civile » et les ONG. Ce phénomène de cooptation de la société civile dans le principe de « bonne gouvernance » est d’ailleurs, en partie, à la base de la croissance exponentielle du nombre d’ONG accréditées aux sommets internationaux.[2] Une stratégie qui permet ainsi au système de domination mondiale d’ajuster son organisation et surtout sa communication : lorsque les choses se font au nom de la démocratie et avec l’appui de la sphère bien-pensante représentée par la société civile, alors tout est justifiable, même les pratiques criminelles des multinationales.

Ainsi, de nombreuses ONG prétendument démocrates, comme Human Rights Watch, ont petit à petit noyauté les organisations internationales (OMS, OMC, etc.) afin de maintenir une vision américano centrée dans toutes les décisions envisagées et/ou prises par ces organisations. C’est notamment le cas des ONG de George Soros qui travaillent de concert avec la NED [3] (organisme dépendant directement du Département d’Etat Américain) afin d’insuffler la ligne à suivre. Côté français on pourrait prendre l’exemple des associations membres du réseau FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) qui dans de nombreux pays du monde sont systématiquement financées par la NED[4]. Mais ceci n’est pas suffisant pour Jacques Attali, qui appelle une fois de plus et comme il l’avait fait en 2004 [5], à la création d’une organisation internationale auxquelles les ONG seraient fermement associées. Ceci permettra sans doute « d’ouvrir les sociétés fermées » – pour reprendre la rhétorique des ONG de Soros, comme l’Open Society Fund.[6]

Jacques Attali est un des fondateurs d’Action Contre la Faim, ONG qui a largement apporté son soutien à la politique impériale américaine, et cela dés sa fondation en 1979-80 lors de la guerre en Afghanistan.[7] Il est également depuis 1998 le président- fondateur de Planet-Finance, ONG de microcrédit mondialement reconnue. Le principal conseiller de Planet-Finance est Christophe Guillemin, ex-directeur général de la fondation franco-américaine pour l’année 2010. Cette fondation organise actuellement avec l’IFRI et d’autres partenaires un cycle de conférences sur la politique étrangère américaine. Christophe Guillemin a d’ailleurs participé à la conférence du 8 mars à Grenoble et dont le thème était « La politique étrangère américaine au printemps 2011 », sous titré par « En ce début d’année 2011, Européens et Chinois continuent à attendre une politique étrangère engagée et positive de la part de l‘administration Obama. Celle-ci doit néanmoins redéployer ses efforts dans le contexte des évènements en Afrique du Nord »[8]. Hier, en date du 9 mars, c’est cette fois avec l’ECFR (European Council of Foreign Relations) que la fondation franco-américaine a reçu Georges Soros, qui en a profité pour plaider en « faveur d’un fonds de sauvetage européen dédié aux banques non solvables »[9].

Rappelons par ailleurs que la création de Planet Finance fut appuyée par Muhammad Yunus (Prix Nobel de la Paix et inventeur du micro crédit)[10]. Ce dernier a récemment été démis de ses fonctions à la tête de la Grameem Bank – qu’il avait fondée en 1983 – par la Banque Centrale du Bangladesh[11]. C’est d’ailleurs juste avant son passage controversé à la BERD que Jacques Attali avait connu Mr Yunus, en 1989. Cette rencontre le conduira ensuite à s’intéresser au micro crédit et à déclarer que « Le droit au crédit est un droit de l’homme »[12].  En 1993, Jacques Attali fut contraint à la démission de la BERD suite à de douteuses et pharaoniques dépenses – parmi lesquelles fut évoquée la construction du siège de la BERD à Londres et dont le coût s’élèverait à 560 millions de francs – soit plus que le total des aides aux pays de l’Est accordé par l’honorable institution.[13]

On doit donc naturellement douter de la capacité de Jacques Attali à construire une nouvelle institution (ou organisation) internationale avec ses amis démocrates et ses réseaux d’ONG. Même si la « Rhétorique Soros » des droits de l’homme peut faire passer le « Droit au crédit » de Jacques Attali pour un droit fondamental, les stratégies des deux hommes sont de moins en moins élaborées et ne font que recycler des logiques impériales déjà usées. Muhamed Yunus est quant à lui, encore aujourd’hui, co-président du Comité d’honneur de Planet Finance. Un Comité d’honneur dont les membres ne sont pas connus pour être de grands démocrates. Mais comme l’a déclaré George Soros le 9 mars 2011 au New York Times: « The world needs orders, and that order needs maintenance »[14]

Julien Teil, pour Mecanopolis


13 mars, 2011 à 0:33 | Commentaires (0) | Permalien


Le scénario yougoslave pour la Libye

Le président américain Barack Obama a enfin annoncé qu’il n’excluait aucun scénario de règlement du problème libyen, politique ou militaire. C’est la première fois que la Maison Blanche le déclare aussi directement.

Hélas, l’opposition n’arrive pas à renverser rapidement Mouammar Kadhafi et à faire la révolution en limitant le nombre de victimes. On assiste certainement au recours à la tactique visant à faire fuir Kadhafi en exerçant sur lui une pression de l’extérieur et de l’intérieur. En recourant à la diplomatie, aux sanctions et aux moyens militaires. La diplomatie et les sanctions ont déjà été utilisées. Désormais, l’utilisation de l’arsenal des moyens militaires apparaît également comme une solution.

« Intervention libérale »

Auparavant, on aurait appelé cela la « diplomatie de la canonnière », mais aujourd’hui cette expression ne convient plus tout à fait. On s’est souvenu du terme « interventionnisme libéral. » Et tout commence à rappeler le « schéma yougoslave. » On semble revivre les bombardements de 1999.

Et même les « instruments » sont parfaitement identiques. Même les navires. Même le mois coïncide: les bombardements de la Yougoslavie par les Etats-Unis et l’OTAN ont commencé le 24 mars. Il ne reste plus qu’à attendre la création d’une zone d’exclusion dans l’espace aérien de la Libye (ce qui a été fait à l’égard de la Yougoslavie).

Les consultations à l’ONU se tiennent tous les jours et des événements surprenants peuvent être observés dans cette « arène. » On a bien sûr le droit de haïr Kadhafi de toutes ses forces (ou en tous cas ne pas apprécier le dictateur à demi-fou), mais au sein de l’ONU on assiste à des débordements étranges, la hâte et la perfidie. Par exemple, le procureur général de la Cour pénale internationale pénale, l’Espagnol Luis Moreno-Ocampo a annoncé le 3 mars que la Cour a « pris bonne note » du cas Kadhafi et de ses fils, et qu’elle ouvrait une information judiciaire sur l’éventuel violation des droits de l’homme. Formellement, il a raison: le 26 février la Conseil de sécurité des Nations Unies a ordonné l’enquête. Etant donné que la Libye n’est pas signataire du Statut de Rome de la Cour, seul le Conseil de sécurité peut autoriser ce genre de démarche.

Le plus intéressant est que la résolution a été approuvée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont trois membres permanents: les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome, ne reconnaissent pas sa juridiction et, par conséquent, ne font pas juridiquement partie des membres du Statut. Ils émettent des réserves concernant le droit de la Cour de juger leurs citoyens. Quant à la Chine, elle ne reconnaît pas la Cour du tout. Les Américains ont même insisté pour que la résolution comporte une clause stipulant que leurs citoyens ne sont pas soumis à la juridiction de la Cour. Au cas où ils devraient débarquer en Libye avec une mission militaro-humanitaire. Ce n’est plus de la perfidie, c’est de l’hypocrisie pure et dure: on juge tout le monde, mais on ne peut pas nous juger.

Les forces d’intervention en Libye sont pratiquement prêtes

Depuis la fin de la première semaine de février, une importante concentration militaire des Etats-Unis et de l’OTAN s’est formée au large des côtes libyennes. Le porte-hélicoptère d’assaut américain USS Kearsarge, le bâtiment de débarquement USS Ponce et le sous-marin nucléaire USS Scranton ont déjà traversé le canal de Suez et sont arrivés le 4 mars dans le golfe de Syrte. Tous font partie du groupe de débarquement méditerranéen de l’unité tactique de la marine américaine sous le commandement du porte-avions USS Enterprise. Ce dernier se trouve actuellement en mission au Nord de la mer Rouge. La Libye est à portée immédiate.

Seules la Russie et la Chine se prononcent ouvertement contre l’intervention militaire. Les autres membres du Conseil de sécurité possédant le droit de veto « n’excluent aucun scénario », mais reconnaissent que la sanction de l’ONU est nécessaire pour intervenir.

Les déclarations sur la nécessité de l’accord du Conseil de sécurité pour l’intervention militaire est une sorte de mantras à l’ONU qui précèdent une rupture décisive avec les normes du droit international.

Et cela ressemble également à tout ce qui a précédé l’opération en Yougoslavie Force alliée, selon la codification OTAN, ou Ange miséricordieux, selon la codification américaine. Au printemps 1999, la Russie et la Chine ont bloqué la sanction de l’intervention militaire contre la Yougoslavie. L’OTAN a commencé les bombardements sans aucune autorisation, en violant la Charte des Nations Unies, en n’obéissant qu’à ses propres Statuts. Et de toute manière ces Statuts ont reçu une interprétation tellement « large », que toute ingérence peut désormais se faire car tel est le bon plaisir des pays membres. Le fait est que la Yougoslavie n’avait attaqué aucun pays de l’OTAN, et la situation dans le pays ne présentait aucun danger pour l’Alliance. D’ailleurs, la décision de bombarder a également été prise par un président démocrate, Bill Clinton, et non pas par un républicain sanguinaire. Les mauvaises langues affirment toujours que la « pacification yougoslave » était nécessaire pour détourner l’attention de l’opinion publique des Etats-Unis du scandale lié à Monica Lewinsky, au mensonge du président au Congrès et à la perspective de sa destitution.

Ce n’est pas le cas de Barack Obama. Au contraire, il a déjà deux guerres « sur le dos », et n’en a pas besoin d’une troisième. Mais la pression exercée sur la Libye, visant à faire fuir Kadhafi, ne constitue pas une menace de troisième guerre. Kadhafi a tellement épuisé ses propres ressources que seules les forces dépendant désespérément du régime le soutiennent.

Par contre, Barack Obama pourrait devoir faire face à un problème plus grave que le Kosovo: l’augmentation des prix du pétrole menace déjà de stopper le rétablissement économique et, par conséquent, de réduire considérablement ses chances d’être réélu l’année prochaine. On ne plaisante pas avec ce genre de choses.

Encore un peu de sang et ça ira

Pour l’instant la concentration des bâtiments de guerre au large de la Libye est une simple démonstration de force, un moyen de pression. Toute guerre ou intervention nécessite des raisons. Ou des prétextes. La guerre en Afghanistan avait une très bonne raison: les attentats du 11 septembre 2001 à New York. George W. Bush n’avait qu’une seule solution: l’invasion. La guerre en Irak n’avait aucune raison valable, mais le prétexte a été fabriqué: il s’agissait de la prétendue création par Saddam Hussein d’armes de destruction massive. Il s’est avéré que c’était un mensonge du début jusqu’à la fin.

L’invasion de la Libye n’a aucune justification juridique internationale. Pour l’instant.

Mais les actions de Kadhafi pourraient donner des raisons de le faire. Personne ne parle pour le moment d’intervention militaire. Mais nul ne nie sa probabilité. Les déclarations du type « il est trop tôt pour parler des actions militaires » sont accompagnées par le refrain disant que si l’effusion de sang continue, rien ne peut être exclu. Cela ressemble à « encore un peu de sang et on ne se retiendra plus. »

Des communiqués en provenance de la Libye parlent déjà de « l’offensive des forces fidèles à Kadhafi » contre les villes rebelles à l’Est du pays et des centaines de morts.

Il faut « pousser » Kadhafi encore un peu à réprimer les villes révoltées, et il y aura suffisamment de sang pour l’invasion. Les congressistes américains républicains exigent directement l’intervention.

Les préparatifs actuels en mer Méditerranée ne sont pas un simple « redéploiement des forces » de la marine américaine juste au cas où. Les préparations militaires ont toujours une certaine « masse critique », une limite, au-delà de laquelle les actions sont inévitables.

Les composantes matérielle et financière sont pratiquement prêtes pour franchir cette limite. Les navires qui mouillent au large des côtes libyennes ne sont pas des boîtes d’allumettes. Le porte-hélicoptère USS Kearsarge est l’un des plus grands bâtiments de débarquement d’attaque de cette classe, ayant un déplacement d’eau de 40.000 tonnes et une longueur de 253 mètres. Il embarque à son bord plusieurs dizaines d’hélicoptères, de missiles, d’engins de débarquement, plus de 2.000 fantassins de marine. Qu’il soit dit en passant, c’est le même Kearsarge qui en 1999 opérait près des côtes yougoslaves, débarquait les troupes de marines, de renseignement et de sabotage. Les premières forces américaines qui ont touché le sol yougoslave ont été débarquées par ce bâtiment. Le bâtiment de débarquement USS Ponce, ayant un déplacement d’eau de 17.000 tonnes, a également participé à l’opération en Yougoslavie. De même que le sous-marin nucléaire USS Scranton. Ces classes d’engins sont dotées de missiles de croisière, mais le plus important, ils sont spécialement adaptés pour des missions secrètes de débarquement et de sabotage près des côtes de l’ennemi.

Les bombardements de la Yougoslavie en 1999 n’étaient pas conduits seulement par des porte-avions (à l’époque l’USS Theodore Roosevelt), mais également par les bases aériennes italiennes et françaises et les porte-avions français et britanniques. Et toute cette « armada » est aujourd’hui bien plus proche de la Libye que de la Yougoslavie de l’époque.

D’ailleurs, Londres a déjà annoncé qu’il envoyait pour le sauvetage d’environ 20 pétroliers britanniques, coincés quelque part au Sud-Est de la Libye, des unités de la force spéciale SAS. C’est l’équivalent du Navy Seals américains ou de l’unité Alpha russe.

Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

 Articles de Andreï Fediachine publiés par Mondialisation.ca
7 mars, 2011 à 22:59 | Commentaires (0) | Permalien


Un avion présidentiel dans la 4e dimension

Réagissant aux propos tenus par Thierry Meyssan sur le site suisse Mecanopolis à propos d’un avion présidentiel français vendu secrètement par Michèle Alliot-Marie à ses amis tunisiens, le Comité Valmy a retracé le mystérieux itinéraire de cet appareil. L’opacité qui entoure la transaction et les déplacements de l’Airbus renforce les soupçons d’une vente illicite au clan Ben Ali avec rétro-commissions au clan Sarkozy.

Dix ans après ses révélations sur les attentats du 11 septembre, Thierry Meyssan est reconnu comme un journaliste d’investigation de tout premier plan et pour la fiabilité de ses sources. Aussi, quand il avance qu’il y aurait eu de graves irrégularités sur la vente d’un avion présidentiel Airbus A319 d’une valeur de 32 millions d’euros, il n’est pas inutile de procéder à quelques simples vérifications, ce que nous avons fait.

Il en ressort de très troublantes anomalies qui tendent à accréditer les terribles hypothèses du fondateur du Réseau Voltaire, dont voici un extrait de l’interview (voir la vidéo complète) : « On a vendu deux avions (ndlr : 2 Airbus A319, F-RBFA, cn1484 et F-RBFB, cn1556) pour en acheter un gigantesque et très bien équipé. Je voudrais savoir qui a vendu ça et à quel prix ça a été vendu. Je voudrais savoir pourquoi cet avion (ndlr : F-RBFB, l’autre, F-RBFA a été vendu au Sénégal, la vente a été négociée avec Karim Wade, fils du président, ce qui a fait scandale dans ce pays aux finances exsangues) a, en définitive, atterri dans les mains de l’ami de Madame Alliot-Marie (ndlr : Aziz Miled) en collaboration avec le beau-frère du président Ben Ali (ndlr : Belhassen Trabelsi). Je pense que les contribuables français seraient intéressés de connaître la réponse. » (ndlr : Thierry Meyssan montre ici une solution efficace, la voie judiciaire, dont le droit du contribuable à s’opposer à la dilapidation du patrimoine national)

1. Le registre de la DGAC

Première vérification, première anomalie : les deux Airbus présidentiels ne figurent plus dans le registre officiel de l’aviation civile, pas même à la rubrique des immatriculations radiées. [1]

Les recherches avec les immatriculations peintes sur les carlingues des appareils (voir photos jointes) ne donnent aucun résultat. L’A319 immatriculé F-RBFA, appareil officiel de la Présidence française depuis 2002, aujourd’hui vendu à la Présidence du Sénégal, n’aurait-il donc jamais existé ?

L’A319 immatriculé F-RBFB, celui que Thierry Meyssan suspecte d’avoir été irrégulièrement cédé par Mme Alliot-Marie aux compagnies propriétés du clan Trabelsi, n’aurait, lui non plus, jamais existé. Il faut rechercher les appareils avec leurs immatriculations précédentes (F-GXFA et F-GXFB, quand ils appartenaient encore au constructeur Airbus Industries) pour les retrouver dans le registre officiel français. Surprise, ils y apparaissent avec la mention « vendu à l’étranger » depuis 2002.

Quelqu’un aurait voulu faire croire qu’ils n’auraient jamais appartenu à l’État français de 2002 à 2010 qu’il ne s’y serait pas pris autrement !

Première question : qui a donné des ordres en ce sens aux personnels chargés de tenir le registre de la Direction Générale de l’Aviation Civile ?

2. L’absence totale de transparence

a) L’A319 F-RBFA vendu au Sénégal

S’il est très probable qu’un accord soit intervenu avec Karim Wade, [2] fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, rien n’a été rendu public sur une transaction qui a fait scandale au Sénégal et qui a été passée sous silence en France. Le prix final aurait été de 20,9 milliards de francs CFA [3], soit 32 millions d’euros. Rien ni personne pour s’assurer que ce prix soit la réelle valeur de l’appareil, un légèreté troublante de la part d’un pays qui ne serait capable que de mobiliser 350.000 euros pour venir en aide à la Tunisie récemment libérée.

« Le premier vient d’être vendu pour 32 millions d’euros à l’État sénégalais, qui devrait l’utiliser à partir de 2011, a précisé l’Élysée. Le second a fait l’objet d’un appel d’offres pour lequel, selon la même source, « des clients privés et des États se sont déjà déclarés intéressés »  ». [4]

b) L’A319 F-RBFB disparu dans la 4e dimension ? Repeint en blanc ?

Tout d’abord, l’appareil figure toujours en tête de la liste des aéronefs de la base de Villacoublay [Voir le site internet de la Base 107.]. Les appareils ici listés sont cliquables pour avoir plus de détails. Malheureusement, les liens ne fonctionnent pas et génèrent un message d’erreur…opportun ?

Pas un mot sur la mise en vente des appareils, le message d’erreur précité occulte le nombre d’A319 détenus par l’ETEC. Évidemment, pas un mot des appareils valant au total plus de 60 millions d’euros sur les sites officiels de vente des domaines, alors qu’une procédure d’une rigueur extrême est requise pour vendre de simples éléments d’uniformes militaires…

Le site airbusdeliveries.blogspot.com ajoute encore à la confusion en répertoriant l’avion vendu au Sénégal avec le numéro constructeur de l’un (cn1485 / F-RBFA) ayant pour immatriculation précédente le numéro de l’autre (cn1556 / F-RBFB) « avec des titres et le logo de queue, F-reg avant la livraison, (1485 F-URBSFA encore tout blanc) ex F-RBFB » [5]

Ces mentions laissent penser que l’opacité autour de l’appareil vendu au Sénégal viserait à introduire une confusion entre les deux appareils, voire que le second aurait été maquillé, « still all white ».

3. L’historique des vols

D’après le site allemand libhomeradar.org, le dernier vol de l’A319 F-RBFB ayant pour opérateur l’Armée de l’air française date du 11 novembre 2010 (à l’occasion de la rencontre d’Angela Merkel avec Nicolas Sarkozy à Deauville). Puis, juste après que soit parue l’interview de Thierry Meyssan, l’appareil réapparaît, le 1er mars 2011, avec la mention « unknown airline » comme opérateur, ce qui laisse penser que l’avion ne serait plus utilisé par l’Armée de l’air française, ce qui n’est possible qu’après la vente de l’appareil.

Contacted [UTC] Callsign Flightnumber Routing Registration Operator Type

Un autre site, suédois, data.flight24.com, ne faisait plus figurer aucun vol dans l’historique de l’appareil F-RBFB jusqu’au 1er mars, date à laquelle l’avion y parait à nouveau ainsi, cette fois, avec l’Armée de l’air française toujours aux commandes :

« This Airbus A319-115X, with serial number 1556 is flying for French Air Force. Latest flights by F-RBFB : CEV4651 seen @ 2011-03-01 14:47 CET – 4651 seen @ 2011-03-01 14:37 CET » [6]

4. L’Airbus F-RBFB est-il encore à Genève ?

Le 2 mars, à 9 heures (08H03 UTC), le site radarvirtuel.com, utilisant le système Google Maps pour cartographier toutes les données reçues du réseau des utilisateurs de récepteurs ADS-B a signalé l’A319 F-RBFB, en train d’atterrir à l’aéroport international de Genève. Ce vol était totalement occulté des données publiées par l’aviation civile, il n’a été enregistré nulle part, ce qui est extrêmement rare et ce qui est impensable de la part d’un opérateur qui n’a rien à cacher. Sans le réseau des utilisateurs de récepteurs de signaux radars ADS-B, jamais l’A319 F-RBFB n’aurait pu être localisé. (Voir la capture d’écran ci-dessous)

Un avion présidentiel dans la 4e dimension dans Politique Internationale 1-2551

D’après nos informations, il est très probable que l’avion soit toujours à l’aéroport international de Genève, sinon qu’il y a fait escale le 2 mars. Nous transmettons donc ce texte à la justice suisse [7] pour, qu’après avoir pris acte des irrégularités précitées, elle s’autosaisisse et s’assure, par le contrôle des documents de bord, que l’A319 F-RBFB est régulièrement sur le territoire helvétique et qu’il n’est pas la propriété d’une personne dont les avoirs seraient saisissables en Suisse. Si l’appareil n’est plus à Genève, que la justice suisse rende publique les conditions de l’escale à l’aéroport de Genève, sa destination et les informations collectées à cette occasion sur son opérateur et son propriétaire.

Nous transmettons également ce texte aux autorités compétentes en leur demandant de répondre aux questions qui les concernent :

- 1. Qui Nicolas Sarkozy a t-il mandaté pour procéder à la vente des avions F-RBFA et F-RBFB ?

- 2. Se porte t-il garant de la régularité des procédures ?

- 3. Est-il intervenu directement dans ces opérations ?

- 4. Michèle Alliot-Marie est-elle intervenue dans les ventes des avions F-RBFA et F-RBFB ? A t-elle traité de ces affaires avec des représentants de l’Etat tunisien, des sociétés NouvelAir, Tunisair, TTS Financière ou Karthago Airlines ?

- 5. Y a t-il eu des mouvements financiers relatifs à ces avions ?

- 6. Pourquoi la procédure normale et transparente d’appel d’offres n’a t-elle pas été employée ?

- 7. qui a donné des ordres aux personnels chargés de tenir le registre de la Direction Générale de l’Aviation Civile pour que les 2 A319 F-RBFA et F-RBFB n’y figurent plus ?

- 8. A qui appartiennent aujourd’hui les appareils F-RBFA et F-RBFB ?

- 9. Quelles logos, marques et immatriculations portent aujourd’hui les appareils ?

- 10. Où est l’Airbus A319 F-RBFB, cn 1556 ?

IMPORTANT Nous rappelons que les interrogations soulevées par cet article ne présument en rien de la culpabilité de quiconque. (selon le principe de la présomption d’innocence). Il se peut que toutes les anomalies relevées ne soient que pures coïncidences et que se soit par un effet extraordinaire du hasard qu’elles se soient concentrées sur la cession de cet aéronef. Nous nous en remettons donc aux explications que voudront bien nous fournir les autorités concernées, à qui ce texte est transmis, dont :L’Elysée :
- Le secrétariat de la Présidence,
- ses Conseillers,

Le Premier Ministre :
- le Premier Ministre et son cabinet,
- ses Conseillers,

La Cour des Comptes,

Le Ministère de la défense :
- Le Cabinet du Ministre,
- La Délégation à l’information et à la communication de la défense (DICoD)
- La Base aérienne de Villacoublay (BA107)

La D.G.A.C. :
- Le Directeur du Cabinet
- Le Chargé des relations Presse

Le Procureur général du Canton de Genève

Les autorités tunisiennes concernées :
- Le Ministère du Transport
- L’Office de l’Aviation civile et des Transports
- L’Ambassade de Tunisie en Suisse
- Le Consulat de Tunisie à Genève

L’organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (EUROCONTROL)

 Source: http://www.voltairenet.org/article168754.html

6 mars, 2011 à 22:35 | Commentaires (0) | Permalien


Lettre ouverte au général régnant de l’Algérie, Mohamed Médiène : « DRS, dégage ! »

par Habib Souaïdia, auteur de La Sale Guerre, Algeria-Watch, 5 mars 2011

Mon général, je veux vous signifier par la présente que votre règne mortifère est à bout de souffle. Que le monde a changé, que la situation politique et sociale de l’Algérie a changé, que les Algériens ont changé depuis 1992. Les Algériens n’ont plus peur de l’épouvantail islamiste que vous brandissez à chaque occasion pour soumettre le peuple. Au cours des vingt ans que vous avez passés à la tête du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), l’Algérie a payé le prix fort du sang et des crimes économiques et sociaux. Vous êtes le principal responsable des maux de notre pays.

Votre régime de terreur doit prendre fin. Vos jours ont été déjà comptés et vous appartenez désormais au passé. C’est ce qui me permet de vous suggérer de vous rendre à l’évidence et de préparer en douceur votre départ pour éviter un autre bain de sang. Aujourd’hui, vous êtes vieux et malade, vous appartenez à un monde révolu qui n’est plus celui de l’Algérie réelle, celle d’une jeunesse majoritaire et en révolte. C’est pourquoi votre tentative actuelle d’opérer un ravalement de façade de votre système de pouvoir, avec l’aide de pseudo-démocrates, serait un autre crime contre le peuple algérien.

Il est trop tard pour un « ravalement de façade » de votre régime

Pour accaparer à votre profit et à celui de vos obligés les richesses du pays, les revenus de son gaz et de son pétrole, vous avez utilisé votre police politique afin de maintenir notre peuple dans la misère et la hogra. Et vous avez fait torturer et tuer des dizaines de milliers d’hommes et de femmes. La gégène et le chiffon sont devenus vos instruments ordinaires de pouvoir, faisant de vos agents autant de criminels – souvent devenus des psychopathes et des névrosés.

Votre gestion du pays est devenue si désastreuse qu’on peut se demander s’il pourra retrouver un jour ses lettres de noblesse, le respect et sa place éminente dans la sphère des nations. Et si le sort que vous lui préparez n’est pas celui de la Somalie. Vous avez, paraît-il, déclaré à Bouteflika, à Saïd Sadi et à l’ex-Premier ministre Mouloud Hamrouche que « l’Algérie va mal », le DRS ayant fait un sondage auprès du peuple algérien pour mesurer le mécontentement de la rue. Mais les Algériens n’ont pas besoin de sondages du DRS ou de tout autre organe du pouvoir pour connaître leur désarroi. La misère sociale et le sentiment d’injustice s’étalent dans les rues depuis des années. C’est pourquoi les émeutes de janvier 2011 vous ont fait paniquer : plus violentes et massives que celles qui secouent presque quotidiennement le pays depuis dix ans, elles vous ont amené à tenter de « prendre les devants », parce que, en effet, vous risquez gros.

Il y a trois sortes de généraux dans le monde arabe, selon leur place dans l’appareil de pouvoir. Il y a la version des régimes de Ben Ali ou Moubarak, qui n’ont jamais eu affaire à une révolte de grande ampleur de la rue : pris de panique, ils ont multiplié les discours pour tenter de calmer le peuple et de négocier, avant de vouloir faire sortir l’armée dans la rue pour faire peur – mais ses chefs sont restés en retrait. Et il y a la version Nezzar ou Kadhafi, ceux qui ne parlent pas, mais qui tirent sur la foule à balles réelles quand elle les menace. Vous incarnez sans doute la troisième catégorie, variante perverse de la précédente : après avoir usé de la pire violence, avec votre coup d’État de 1992 et le « fleuve de sang » qui a suivi, vous avez instauré la manipulation et le mensonge pour « gérer le peuple ». Pour tenter de mater le peuple qui bouge, le peuple qui vibre, le peuple qui se révolte, le peuple qui hurle son besoin de démocratie, vous avez organisé le simulacre d’une opposition entre des partis clonés et un président cloné.

Depuis votre coup d’État de 1992, on ne voit plus le bout du tunnel. Chaque jour apporte son lot de désolations. Rien n’a changé. Pire, on assiste dix-neuf ans plus tard à un reformatage de la vie politique pour remettre en selle des barons qui ont violé l’intimité de ce pays à la place d’un autre déclinant. Mais tenter un ravalement de façade avec un Mouloud Hamrouche, un Saïd Sadi ou un autre, par des manœuvres déjà mille fois vues pendant les années noires ne changera rien à l’aspiration du peuple au changement radical de la République.

Le peuple algérien ne se contentera pas du départ de Bouteflika, il veut la fin de la police politique qui l’a amené au pouvoir. Et le prétendu bras de fer qui oppose la façade du « pouvoir » algérien incarné par ce dernier à la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNDC) n’est certainement pas la voie pour y parvenir. Certes, au sein de la coordination, il y a des hommes et des femmes qui méritent le respect de tous les Algériens. Mais on pourrait faire remarquer, au regard de sa faible capacité de mobilisation, que cette coordination comprend aussi des éléments visant clairement à tirer vers le bas le mouvement de révolte et qui se distinguent par leur complaisance avec vos desseins.

Car hélas, vos agents sont partout. Pour vous maintenir au pouvoir, vous avez choisi en effet de vous appuyer sur votre police politique, ciment principal d’une alliance rentière et prédatrice, qui a gangrené tout le système politique algérien. Preuve en est le vide politique créé par une décennie sanglante durant laquelle le DRS, par son entreprise de destruction, a privé le pays de toute expression démocratique.

L’intolérable impunité des généraux criminels à la tête de l’ANP

En janvier 1992, une partie du peuple algérien pensait renouer avec l’espoir après le retour du président Boudiaf, puis elle a assisté six mois plus tard à son assassinat en direct. Votre justice aux ordres a ensuite qualifié l’assassinat d’« acte isolé », mais les responsables des services de renseignement chargés de la protection du président ont été promus et mutés vers d’autres unités. Mohamed Boudiaf a payé de sa vie son refus de jouer le jeu de votre mentor, le général Larbi Belkheir. Boudiaf était l’une des figures de la révolution algérienne, mais son histoire ne l’a pas protégé contre vos ambitions : vous avez oublié ce qu’il a été avant, pendant et après la révolution. Puis fut le temps de Liamine Zéroual, un général que vous avez « bricolé » dans vos laboratoires pour en faire un président ; et, encore une fois, cela n’a pas marché. Son mandat s’est achevé avec les massacres de masse de 1997, instrumentalisés par vos services pour le déposer définitivement.

Mon général, sachez que l’intolérable impunité des « forces de l’ordre » a ébranlé le pays au plus profond de son âme. Car elle dit l’extrême violence, la corruption et le chaos qui règnent dans l’Algérie d’aujourd’hui. Pour mesurer l’ampleur du mal, il faut connaître le niveau d’implication de la nouvelle hiérarchie militaire dans les crimes contre l’humanité commis durent la « sale guerre » des années 1990. Toute la chaîne du commandement militaire actuel est composée de criminels, jusqu’au sommet. De surcroît, chacun « touche » à chaque étage, et chaque fois plus. C’est pourquoi un poste élevé au ministère de la Défense et à l’état-major se vend à celui qui à bien « bossé » dans les unités de « lutte antiterroriste ».

Cette lutte antiterroriste, qui a transformé progressivement chaque soldat en animal, a aussi transformé des sous-lieutenants et des lieutenants en lieutenants-colonels. Et elle a promu des chefs de section en commandants de régiment, des lieutenants-colonels en généraux-majors, commandants de région militaire ou commandant des forces terrestres. Et à chaque fête nationale, la presse algérienne nous a gavés des noms d’assassins promus à des grades supérieurs – des hommes que mes années de jeune officier en exercice dans les forces spéciales, de 1990 à 1995, m’ont parfois permis de connaître de près.

L’un de ces militaires, aujourd’hui général-major et commandant des forces terrestres – le second dans la pyramide après Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée – est le général-major Kadour Bendjemil. Cet artilleur, originaire d’Annaba, n’a cessé depuis son arrivée au commandement fin 1993, de se mouler dans le personnage militaire d’un homme qui ne recule devant rien. À l’époque, sa rage purificatrice n’a épargné personne dans son secteur d’intervention de Bouira (le « SOB »). Il a alors constitué une sorte de garde prétorienne composée de quelques officiers et sous-officiers de l’ANP et d’officiers du DRS, pour, d’après ses dires, « rétablir l’ordre » : au hasard des rafles qui avaient lieu, le jour dans les rues, la nuit dans les maisons, de jeunes Algériens étaient entassés dans des fourgons banalisés, enchaînés pour terroriser la foule et montrer comment l’armée traitait ses ennemis. Et beaucoup de soldats, de sous-officiers et d’officiers ont également perdu la vie à cause de la fameuse règle militaire selon laquelle le chef a toujours raison, même s’il a tort.

D’autres noms ? La liste est longue, mon général, de vos officiers criminels occupant aujourd’hui les plus hauts postes de notre ANP ! Je pourrais en citer, hélas, des dizaines… Comme le général Abdelkader Benzerkhoufa, ex-commandant du 11e RIM, régiment d’infanterie mécanisé stationné entre 1993 et 1997 à La Gare Omar (Bouira). Ou le général Noureddine Hambli, parachutiste commandant du 25e régiment de reconnaissance, l’un des responsables du massacre du 5 octobre 1988 à Alger. Ou encore le général-major Habib Chentouf, aujourd’hui commandant de la 1re région militaire ; le général-major Omar Tlemçani, commandant de la 2e région militaire, ex-commandant du 4e régiment de parachutiste (4e RAP) ; le général-major Amar Athamnia, 3e et 6e région militaire, ex-commandant du 12e régiment de para-commandos (12e RAP) ; le général Maamar Boukhenoufa, commandant du régiment d’infanterie mécanisé stationné à l’époque à Dar El-Beida ; le général Tirech, ex-capitaine à l’Académie militaire ; le général Rachid Guetaf, le général Abed Litim, commandant parachutiste, ex-capitaine aux 4e et 18e RAP, aujourd’hui commandant de l’École d’application des forces spéciales à Biskra ; le général-major Saïd Chengriha, ex-commandant de la 1re division blindée puis commandant de la 8e division blindée, aujourd’hui commandant de la 3e région militaire ; ou aussi les pires criminels que sont le général-major Mhenna Djebbar, ex-commandant du CTRI de Blida aujourd’hui chef de la DCSA, le général-major Bachir Tartag ou le général-major Abdelrazek Chérif, parachutiste commandant de la 4e région militaire.

Tous ces généraux ont été et sont toujours les acteurs d’une gigantesque entreprise de prise en otage d’un peuple entier. Avec demandes de rançons, chantage et détresse de dizaines de milliers de familles. De 1992 à 1999, ils ont conduit une « sale guerre » ciblant de manière délibérée des civils désarmés dans les zones sensibles, qui a fait 200 000 morts. Et en 2000 encore, ils ont lancé la terrible opération « Saïf El-Hadjaj » (« L’épée de El-Hadjaj »), dont le nom est le symbole même de la mort et de la terreur pour tous les musulmans. Avec vos pairs, vous avez ainsi mis en œuvre les principes de la « guerre psychologique » tels qu’ils ont déjà été appliqués pendant la guerre de libération par l’armée coloniale française, ou au Viêt-nam et en Amérique du Sud par les militaires américains et leurs alliés. Des méthodes qui incluent le bouclage physique des villes et des villages, la prise en otage de civils, les exécutions extrajudiciaires, l’enlèvement et la torture de toute personne soupçonnée d’appartenir à un groupe d’opposition.

D’où la fameuse question qui vous taraude aujourd’hui, avec vos complices : « Si nous lâchons le pouvoir, nous serons jugés pour crimes contre l’humanité ou crimes de guerre. » Vos généraux ont donc en permanence à l’esprit un kit de survie psychologique, et ils font tout pour respecter le pacte criminel qui les unit.

« DRS, dégage ! »

Aujourd’hui, mon général, en Algérie comme à l’étranger, vos émissaires sont sur tous les plateaux de télévision. Ces charlatans et pseudo-démocrates prétendent nous expliquer « comment devenir des opposants ». Ils veulent nous montrer la voie du « salut » par des discours démagogiques tout droit sortis de vos laboratoires de désinformation. Or que représentent-ils réellement dans la société algérienne ? Est-ce qu’un « démocrate » qui va manifester avec des gardes du corps de la police est crédible ?

Cette comédie peut peut-être abuser encore un temps des médias occidentaux – et français en particulier – qui ont depuis si longtemps renoncé à comprendre la perversité de votre système de pouvoir. Et vous avez su avec efficacité, à coups de prébendes et de désinformation, les encourager en ce sens pour vous soutenir. Mais vous ne pouvez plus abuser l’immense majorité du peuple algérien, qui est parfaitement lucide sur vos crimes et qui ne pense qu’une seule chose : « DRS, dégage ! »

Je sais comme tout le monde que votre souci principal est de ne pas se retrouver devant un tribunal pénal international, pour les crimes que vous avez commis depuis 1991. Chaque Algérien sait aussi que votre poulain Bouteflika est âgé et malade et qu’il a, tout au long de son mandat, abusé des circuits de corruption que vous lui avez laissés. L’affaire Sonatrach, devenue votre cheval de bataille pour brider celui qui prétend contester votre emprise sur ces circuits, est un révélateur de l’état de l’Algérie : de ses inégalités, de ses injustices sociales, de ses déséquilibres institutionnels, des abus d’un président sans contrôle comme de ceux de votre propre clan.

Dans votre régime en fin de règne, ces querelles misérables ne révèlent rien d’autre que la complicité conflictuelle qui vous lie, vous et votre président de façade, pour piller notre peuple. Ainsi, le DRS enquête et met à nu des réalités qui dévoilent les impostures et les mensonges d’un tout petit monde, qui par la faveur de votre pouvoir s’approprie la richesse nationale. On se souvient de ces grands titres de la presse dite « libre », mais très manipulée, qui révèlent telle ou telle affaire et de la fébrilité puis de la panique qui se sont emparées du cercle de votre président… Autant de faux-semblants d’une prétendue « lutte anticorruption » dont le seul objet est de préserver les pires pratiques de corruption.

Voyez par vous-même, mon général : ce qui était impensable il y a encore quelques semaines en Tunisie et en Égypte, peut bientôt se reproduire en Algérie. Des dictateurs ont plié bagage devant la colère de la rue. Mais soyez-en sûr, l’intifada fondatrice ne sera pas organisée par les faux opposants.

J’ignore ce qui va se passer maintenant. Nous avons des jours difficiles devant nous. Tout ce que je sais, c’est que l’Algérie a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes profondément loyaux et intègres, et non pas de ceux qu’on achète et qui se vendent. Des hommes et de femmes qui défendraient la justice et la vérité même si l’univers s’écroulait. Qu’il ne soit jamais dit que les Algériens n’ont rien dit, n’ont rien fait contre la bête immonde qui détruit notre nation. Les événements de ce début d’année 2011 dessinent une trajectoire fatale qu’il faut identifier et contrer pour préserver notre pays. Y a-t-il encore quelqu’un pour écouter la voix d’un Algérien ? Avons-nous peur de nos responsabilités ? Que deviennent-ils, les fils et les filles de l’indépendance ? De la guerre de libération ? L’Algérie est notre mère patrie, elle souffre d’un interminable cancer. C’est pour cela que je propose un congrès de la vraie opposition, une sorte de nouveau Sant’Egidio, parce que nous arrivons à un moment critique de notre histoire, à une époque d’incroyables défis à relever.

6 mars, 2011 à 1:08 | Commentaires (0) | Permalien


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